vendredi 22 novembre 2019

70. Annexe 1 : Analyse grammaticale de formules latines connues

Quelques remarques grammaticales sur des formules latines courantes


Classement : linguistique ; grammaire ; langue latine




Cette page est en cours de rédaction.
Il s'agit d'une initiation à la grammaire latine par l'étude grammaticale détaillée de phrases ou d'éléments de phrase assez courts, souvent connus même des non-latinistes. Certains sont très simples, d'autres impliquent des notions grammaticales plus complexes.

Sommaire de la page
1) Latin classique
a) Mots historiques
b) Citations littéraires
c) Formules apparaissant sous forme de sigles
d) Locutions
2) Latin de la chrétienté
3) Usages postérieurs à l'Antiquité
4) Expressions ou mots latins passés en français
5) Latin de la communication d'entreprise

Analyse de formules latines
1) Latin classique
a) Mots historiques
Delenda Carthago ! (Caton l'Ancien, selon plusieurs auteurs anciens)
*Carthago : nominatif de Carthago, Carthaginis, féminin (nom latin de Carthage)
*delenda : adjectif verbal féminin de deleo, -es, -ere, delevi, deletum (détruire)
*Traduction 1 : Carthage (est) devant être détruite !
*Traduction 2 : Il faut détruire Carthage !

Alea jacta est (César, selon plusieurs auteurs anciens)
*alea : nominatif de alea, aleae, féminin (le dé)
*jacta : participe passé féminin de jacio, jacis, jacere, jeci, jactum (jeter)
*est : indicatif présent 3ème personne du singulier du verbe irrégulier sum, es, esse, fui (être)
*jacta est : parfait passif 3èmepersonne du singulier féminin de jacio
*Traduction 1 : le dé a été jeté
*Traduction 2 : le sort en est jeté

Tu quoque fili ou Tu quoque fili mi  (César, selon la tradition)
Adresse de César à Brutus au moment de l’assassinat de César en 44 avant J.-C. (traduction en latin d’une parole prononcée en grec : Καὶ σὺ τέκνον, Suétone, Vie de César, 82, 3)
*tu : vocatif du pronom personnel 2ème personne du singulier (tu)
*quoque : adverbe (aussi)
*fili : vocatif singulier de filius, filii, masculin (le fils)
*mi : vocatif singulier masculin de meus, -a, -um (mon)
Traduction 1 : toi aussi, fils !
Traduction 2 : toi aussi, mon fils !
Remarque : le mot « fils » a un sens assez général (« jeune homme ») ; le sens de la phrase n’est pas clair : déploration ou menace ? (lien)
Remarque 2 : les mots en -us, -i à radical vocalique ont un vocatif irrégulier (fili au lieu de filie, mi au lieu de mee)

Veni, vidi, vici (César, selon Plutarque, Vie de César, 50, 3)
*veni : parfait 1ère personne du singulier de venio, -is, -ire, veni, ventum (venir)
*vidi : parfait 1ère personne du singulier de video, -es, -ere, vidi, visum (voir)
*vici : parfait 1ère personne du singulier de vinco, -is, -ere, vici, victum (vaincre)
*Traduction 1 et 2 : je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu

Festina lente (Auguste, selon Suétone, Vie d’Auguste, 25, 5)
*festina : impératif présent 2ème personne du singulier de festino, -as, -are (se hâter)
*lente : adverbe (lentement)
*Traduction : Hâte-toi lentement !

Ave Caesar morituri te salutant (règne de Claude)
Formule adressée par des gladiateurs à Claude (Suétone, Vie de Claude, notamment) au commencement d’une séance de jeux
*ave : formule de salutation (salut, bonjour)
*Caesar : vocatif du nom Caesar, Caesaris (César, « Empereur »)
*morituri : nominatif pluriel du participe futur du verbe morior, moreris, mori, mortus sum (mourir)
*te : accusatif du pronom personnel de 2ème personne (te)
*salutant : indicatif présent 3ème personne du pluriel de saluto, -as, -are, -avi, -atum (saluer)
Traduction : salut, César, ceux qui vont mourir te saluent !
Remarque : ave vient d'un verbe (h)aveo qui n'est utilisé que sous un nombre restreint de formes (impératif présent, impératif futur : aveto) ; il existe aussi un verbe aveo, aves, avere (désirer fortement)

b) Citations littéraires
O tempora o mores (Cicéron, Contre Verrès, II, 4, 25)
*: interjection (ô)
*tempora : vocatif pluriel de tempus, temporis, neutre (le temps, l'époque)
*mores : vocatif pluriel de mos, moris, masculin (coutume, genre de vie, (au pluriel) mœurs)
Traduction 1 : Ô temps, ô mœurs !
Traduction 2 : Quels temps, quelles moeurs !
Remarque : comme corpus et opustempus est un neutre de la 3ème déclinaison (us n'est pas une marque de cas comme dans dominus, mais fait partie du radical)

Cedant arma togae (Ciceron, De Officiis, I, 22)
*cedant : subjonctif présent 3ème personne du pluriel de cedo, -is, -ere, cessi, cessum (s’en aller, céder)
*arma : nominatif de arma, armorum, neutre, mot toujours au pluriel (les armes)
*togae : datif singulier de toga, togae (la toge)
Traduction : que les armes cèdent à la toge !
Remarque : le subjonctif dans une proposition non subordonnée a le sens d'un impératif pour les 1ère et la 3ème personne ; en français : que+subjonctif, sans subordination (on met généralement « que » pour introduire ce subjonctif (« qu'il vienne »), mais ce n'est pas obligatoire : « plaise à Dieu », « cèdent les armes à la toge » (le verbe est alors placé en tête de proposition).

O fortunatos nimium agricolas (Virgile, Géorgiques, II, 458)
*O : adverbe : Ô
*fortunatos : accusatif pluriel masculin de fortunatus, -a, -um (fortuné, heureux)
*nimium : adverbe (trop)
*agricolas : accusatif pluriel de agricola, agricolae, masculin (paysan)
*Traduction 1 et 2 : O, trop heureux paysans…
*Phrase complète : O fortunatos nimium, sua si bona norint, agricolas
Traduction : O, trop heureux paysans, s'ils connaissaient leur bonheur
Remarque : le cas accusatif est ici utilisé sans verbe pour exprimer l’exclamation.

Auri sacra fames (Virgile, Enéide, 3, 57)
*auri : génitif singulier de aurum, auri, neutre (or)
*sacra : nominatif singulier féminin de sacer, sacra, sacrum (saint, sacré, consacré à une divinité, maudit)
*fames : nominatif singulier de fames, famis, féminin (la faim, le désir
Traduction 1 : la maudite faim de l’or
Traduction 2 : la maudite soif de l’or
Remarque : le mot sacer prend le sens de « maudit » lorsqu’il se réfère aux divinités infernales : sacer esto ! (formule juridique : « qu’il soit voué aux divinités infernales ! ». Cf. Gaffiot, p. 1378)
Remarque 2 : les mots aurum, auri (or) et auris, auris, féminin (oreille) ont une forme morphologique en commun : auri (génitif de aurum et datif de auris) [auris dérive d’un radical aus-]

Et nunc est bibendum (Horace, Odes, I, 37)
*et : conjonction (et)
*nunc : adverbe (maintenant)
*est : indicatif présent 3ème personne du singulier de sum, es, esse, fui (être)
*bibendum : adjectif verbal nominatif neutre de bibo, -is, -ere, bibi, bibitum (boire)
*Traduction 1 : Et maintenant, il est devant être bu
*Traduction 2 : Et maintenant, il faut boire

Carpe diem (Horace, Odes, I, 11)
*carpe : impératif présent 2ème personne du singulier de carpo, carpis, carpere, carpsi, carptum (arracher, détacher, cueillir, saisir)
*diem : accusatif singulier de dies, diei, masculin (jour, moment)                           
*Traduction 1 : Saisis le jour
*Traduction 2 : Saisis l'instant présent

Mens sana in corpore sano (Juvénal, Satire 10)
*mens : nominatif singulier de mens, mentis, féminin (l’esprit)
*sana : nominatif singulier féminin de sanus, -a, -um (sain)
*in : préposition régissant l’accusatif (mouvement) ou l’ablatif (sans mouvement) (dans)
*corpore : ablatif singulier de corpus, corporis, neutre (le corps)
*sano : ablatif singulier neutre de sanus, -a, -um (sain)
Traduction : un esprit sain dans un corps sain
Remarque : comme tempus et opus, corpus est un neutre de la 3ème déclinaison (-us n'est pas une marque de cas comme dans dominus, mais fait partie du radical)

c) Formules apparaissant dès l’Antiquité sous forme de sigles

Ab Urbe condita : AUC
Formule indiquant le départ de l'ère romaine
*ab : préposition régissant l’ablatif (à partir de)
*urbe : ablatif singulier de urbs, urbis (urbium), féminin (la ville)
*condita : ablatif singulier féminin du participe passé de condo, -is, -ere, condidi, conditum (ici : fonder)
Traduction 1 : à partir de la Ville ayant été fondée (la Ville = Rome)
Traduction 2 : à partir de la fondation de Rome
Remarque : on trouve ici un tour stylistique consistant à utiliser un participe passé adjectivé plutôt qu’un mot abstrait suivi d'un génitif (a conditione Urbis > ab Urbe condita)
Remarque 2 : le verbe condo a le sens général de « placer, établir », d’où « fonder (une ville) », mais aussi « mettre en sûreté », voire « cacher »

Iovi  optimo maximo : IOM (abréviation inscrite sur certains temples de Jupiter)
*Iovi : datif de Iuppiter, Iovis (Jupiter)
*optimo : superlatif de bonus, bona, bonum (bon)
*maximo : superlatif de magnus, magna, magnum (grand)
*Traduction 1 : à Jupiter le meilleur le plus grand
*Traduction 2 : à Jupiter très bon très grand
Remarque : le nom latin de Jupiter est décliné sur deux radicaux « Juppiter- » (ou « Jupiter- ») et « Jov-  » (formes archaïques : génitif « Juppitris » et nominatif « Jovis ». Cf. Gaffiot, p. 873)

Senatus populusque romanus : SPQR
*Senatus : nominatif de senatus, senatus, masculin (le sénat)
*populus : nominatif de populus, populi, masculin (le peuple)
*-que : conjonction suffixée (et)
*romanus : nominatif singulier masculin de romanus, -a, -um (romain)
*Traduction 1 et 2 : le sénat et le peuple romains
*Remarque : en latin, l'adjectif qualifiant deux noms reste au singulier

d) Locutions
Bis repetita placent
*bis : adverbe (deux fois)
*repetita : participe passé neutre pluriel de repeto, -is, -ere, repeti(v)i, repetitum (reprendre, évoquer)
*placent : indicatif présent de placeo, -es, -ere, placui, placitum (plaire)
Traduction : les choses deux fois reprises plaisent
Remarque : le sens de « dire de nouveau » est très marginal ; il s'agit plutôt de « chercher de nouveau », « agir de nouveau » (Gaffiot, p. 1344)

Corpus hermeticum
*corpus : nominatif de corpus, corporis, neutre (corps, ici : corpus, ensemble de textes)
*hermeticum : nominatif neutre de hermeticus, -a, -um (hermétique, relatif à Hermès)
Traduction : Corpus hermétique (recueil de textes hermétiques)
Remarque : ne pas s'imaginer qu'il y a une erreur et qu'il faudrait dire « Corpus hermeticus » (comme je l'ai entendu dire à un professeur d'université !) ; le -us de corpus ne relève pas de la morphologie, mais du radical du mot (de même pour tempus et opus)
Remarque 2 : il s'agit de « Hermès Trismégiste » (= trois fois très grand), divinité gréco-égyptienne dérivant du rapprochement entre Hermès et Thot

Dura lex, sed lex
*dura : nominatif singulier féminin de durus, -a, -um (dur, sévère)
*lex : nominatif singulier de lex, legis, féminin (la loi)
*sed : conjonction de coordination (mais)
Traduction 1 : la loi (est) dure, mais (est) la loi 
Traduction 2 : la loi est dure, mais c'est la loi

Forum romanum
*forum : nominatif singulier de forum, fori, neutre (la place principale d'une ville romaine, le forum)
*romanum : nominatif singulier neutre de romanus, -a, -um (romain)
Traduction : le forum de Rome

In vino veritas
*in  : préposition locative (dans)
*vino : ablatif singulier de vinum, vini, neutre (le vin)
*veritas : nominatif singulier de veritas, veritatis, féminin (la vérité)
Traduction : dans le vin, (est) la vérité [= le vin fait dire la vérité]
Remarque : in régit soit l'ablatif (pas de mouvement), soit l'accusatif (mouvement)

Memento mori 
*memento : impératif futur 2ème personne du singulier du verbe irrégulier memini, meministi, meminisse (s’être mis en mémoire, avoir à l’esprit, se souvenir)
Remarque : ce verbe ne se conjugue qu’au parfait, plus-que-parfait, etc. (lien)
*mori : infinitif du verbe déponent morior, moreris, mori, mortus sum (mourir)
Traduction 1 : souviens-toi de mourir/du fait de mourir
Traduction 2 : souviens-toi que tu es mortel

Omnia vincit amor
*omnia : accusatif pluriel neutre de omnis, -is, -e (tout)
*vincit : indicatif présent 3ème personne du singulier de vinco, -is, -ere, vici, victum (vaincre)
*amor : nominatif singulier de amor, amoris, masculin (l'amour)
Traduction 1 : l'amour vainc toutes choses
Traduction 2 : l'amour triomphe de tout

Quos vult perdere Juppiter dementat 
*quos : accusatif pluriel du pronom relatif qui, quae, quod (qui/que, ce qui/que, celui qui/que)
*vult : indicatif présent 3ème personne du singulier du verbe irrégulier volo, vis, velle, volui (vouloir)
*perdere : infinitif présent de perdo, -is, -ere, perdidi, perditum (perdre)
*Juppiter : nominatif de Juppiter, Jovis (Jupiter)
*dementat : indicatif présent 3ème personne du singulier de demento, -as, -are, -avi, -atum (faire perdre la raison, rendre fou) [racine mens, mentis, féminin, l'esprit)
Traduction : Jupiter rend fou ceux qu'il veut perdre
Remarque : le nom latin de Jupiter est décliné sur deux radicaux « Juppiter- » (ou « Jupiter- ») et « Jov-  » (formes archaïques : génitif « Juppitris » et nominatif « Jovis ». Cf. Gaffiot, p. 873)

Si vis pacem, para bellum
*si : conjonction de subordination (si)
*vis : indicatif présent 2ème personne du singulier du verbe irrégulier volo, vis, velle, volui (vouloir)
*pacem : accusatif singulier de pax, pacis, féminin (la paix)
*para : impératif présent 2ème personne du singulier de paro, -as, -are, -avi, -atum (préparer)
*bellum : accusatif singulier de bellum, belli, neutre (la guerre)
Traduction : si tu veux la paix, prépare la guerre
Remarque : formule dans laquelle la syntaxe du français est équivalente à celle du latin (si + indicatif présent, impératif)

2) Latin du christianisme occidental

Agnus Dei
*agnus : nominatif singulier de agnus, -i, masculin (l’agneau)
*dei : génitif singulier de deus, -i, masculin (le dieu, Dieu)
Traduction : l’agneau de Dieu

Ad majorem Dei gloriam
Devise des Jésuites
*ad : préposition régissant l’accusatif (vers)
*majorem : accusatif féminin singulier du comparatif de magnus, -a, um (grand)
*dei : génitif singulier de deus, -i, masculin (dieu)
*gloriam : accusatif de gloria, -ae, féminin (la gloire)
Traduction : pour une plus grande gloire de Dieu

Anno Domini : AD (abréviation utilisée en anglais pour signifier « de notre ère », « après J.-C. », par opposition à BC = « Before Christ »)
*anno : ablatif de annus, anni, masculin (année)
*domini : génitif de dominus, domini, masculin (maître, seigneur)
*Traduction 1 et 2 : en l’an du Seigneur (par exemple : AD 2019)
*Remarque : l’emploi du mot annus à l’ablatif sans préposition existait en latin mais n’avait pas le même sens. Cf. Gaffiot, p. 130 : anno = « il y a un an » (archaïque) ; « chaque année » (classique)

Ave Maria (salutation de l'ange Gabriel à Marie, lors de l'annonciation)
*ave : formule de salutation (salut, bonjour)
*Maria : vocatif de Maria, Mariae (Marie)
Traduction 1 : Bonjour, Marie
Traduction 2 (stéréotypée par la tradition liturgique) : Je vous salue, Marie
Remarque : ave vient d'un verbe (h)aveo qui n'est utilisé que dans un nombre limité de formes (impératif présent, impératif futur : aveto) ; il existe aussi un verbe aveo, aves, avere, désirer fortement)

Confiteor 
*confiteor : indicatif présent 1ère personne du singulier du verbe déponent confiteor, -eris, -eri, confessus sum (avouer)
Traduction : j’avoue, je confesse
Remarque : les verbes déponents n’existent qu’à à la forme passive.

Corpus Christi 
*corpus : nominatif singulier de corpus, corporis, neutre (le corps)
*Christi : génitif de Christus, Christi (le Christ)
Traduction : le corps du Christ
Remarque : comme tempus et opus, corpus est un neutre de la 3ème déclinaison (us n'est pas une marque de cas comme dans dominus, mais fait partie du radical)

Dei gratia
*dei : génitif singulier de deus, dei, masculin (le dieu, Dieu)
*gratia : ablatif singulier de gratia, -ae, féminin (ici : faveur, bonne volonté, grâce)
Traduction : par la grâce de Dieu

Deo gratias
*deo : datif singulier de deus, dei, masculin (le dieu, Dieu)
*gratias : accusatif pluriel de gratia, -ae, féminin (ici : reconnaissance, gratitude)
Remarque : la phrase latine complète serait Deo gratias refero/ago (« je remercie Dieu) [Gaffiot, p. 723, colonne 2, sens 2]
Traduction : (je rends) grâces à Dieu

Dies irae 
*dies : nominatif singulier de dies, diei, masculin (le jour)
*irae : génitif singulier de ira, irae, féminin, (la colère)
Traduction : le jour de la colère [de Dieu]

Dominus vobiscum 
*dominus : nominatif singulier de dominus, domini, masculin (le maître)
*vobis : ablatif de vos (vous)
*-cum : préposition régissant l'ablatif (avec), ici suffixée étant donné que le complément est un pronom personnel : mecum, tecum, secum, nobiscum...)
Traduction 1 : le maître avec vous
Traduction 2 : le Seigneur est avec vous ! / que le Seigneur soit avec vous !

Errare humanum est, perseverare diabolicum

Et cum spiritu tuo
*et : conjonction de coordination (et)
*cum : préposition régissant l'ablatif (avec),
*spiritu : ablatif singulier de spiritus, -us, masculin (l’esprit)
*tuo : ablatif singulier masculin du pronom possessif tuus, tua, tuum (ton, ta)
Traduction : et avec ton esprit
Remarque : c’est la réponse des fidèles à la formule Dominus vobiscum prononcée par l’officiant

Fiat lux 
*fiat : subjonctif présent 3ème personne du singulier du verbe irrégulier fio, fis, fieri, (être fait)
*lux : nominatif singulier de lux, lucis, féminin (la lumière)
Traduction 1 : Que la lumière soit faite !
Traduction 2 (stéréotypée par la tradition) : Que la lumière soit !
Remarque : le verbe fio joue le rôle du passif de facio qui n’a pas de forme passive propre (facior) ; les temps parfait, plus-que-parfait, etc., de fio sont d'ailleurs construits comme des formes passives grâce au supin de facio (factus est, factus erat) ; on note aussi que l’infinitif de fio est de forme passive (fieri)

Iesus nazarenus rex Iudaeorum : INRI (inscription apposée sur la croix selon la tradition, et représentée par de nombreux tableaux de la crucifixion)
*Iesus : nominatif du nom irrégulier Iesus, Iesu (Jésus)
*nazarenus : nominatif singulier masculin de Nazarenus, -a, -um (de Nazareth)
*rex : nominatif singulier de rex, regis, masculin (le roi)
*Iudaeorum : génitif de Iudaei, Iudaeorum, masculin pluriel (judéen, juif)
Traduction : Jésus de Nazareth, roi des Juifs

In memoriam
*in : préposition régissant l’accusatif (mouvement) ou l’ablatif (sans mouvement) (dans, en)
*memoriam : accusatif singulier de memoria, -ae, féminin (le souvenir)
Traduction : en souvenir [de telle personne]

In nomine patris et filii et spiritus sancti 
*in : préposition régissant l’accusatif ou l’ablatif (dans, en)
*nomine : ablatif singulier de nomen, nominis, neutre (le nom)
*patris : génitif singulier de pater, patris, masculin (le père)
*et : conjonction de coordination (et)
*filii : génitif singulier de filius, -i (le fils)
*spiritus : génitif singulier de spiritus, -us (l’esprit)
*sancti : génitif singulier masculin de sanctus, -a, -um (saint)
Traduction : au nom du père, et du fils, et du saint esprit

In saecula saeculorum 
*in : préposition régissant l’accusatif ou l’ablatif (dans)
*saecula : accusatif pluriel de saeculum, -i, neutre (siècle)
*saeculorum : génitif pluriel du même
Remarque : in suivi de l’accusatif connote un mouvement ; la traduction du concept « dans (mouvement) » dans un contexte temporel est plus correctement rendu par la préposition traditionnellement utilisée « pour »
Traduction 1 : pour les siècles des siècles
Traduction 2 : pour l’éternité

Ite missa est
Problématique : cette formule est à l’origine du mot « messe », d’où la traduction « Allez, la messe est dite » ; le mot missa pris comme nom est assez tardif : dans le Code Théodosien (Vème siècle), il signifie « action de laisser aller » ; il signifie « messe » dans des textes d’Ambroise de Milan (IVème siècle) et d’Isidore de Séville (VIème siècle) (Gaffiot, page 983).
*ite : impératif pluriel du verbe irrégulier eo, is, ire, ivi, itum (aller)
Interprétaton 1
*missa : participe passé de mitto, -is, -ere, misi, missum (envoyer, renvoyer, émettre)
*est : indicatif présent 3ème personne du singulier du verbe irrégulier sum, es, esse, fui (être)
Traduction : allez, elle a été envoyée (sous-entendu : votre prière, votre adoration…)
Interprétation 2
*missa : nominatif singulier de missa, missae, féminin (l’action de laisser aller)
Traduction : Allez, il est (temps) de (vous) laisser aller

Mea culpa mea culpa mea maxima culpa
Cette formule fait partie de la prière de confession, notamment de la phrase peccavi cogitatione, verbo, opere et omissione : mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa. Si on s’en tient à la structure du texte, mea culpa pourrait être à l’ablatif aussi bien qu'au nominatif.
Interprétation 1 : nominatif
*mea : nominatif singulier féminin du possessif meus, mea, meum (mon, ma)
*maxima : nominatif singulier du superlatif de magnus, -a, -um (grand)
*culpa : nominatif singulier de culpa, -ae, féminin (faute)
Traduction 1 : ma faute, ma faute, ma très grande faute
Traduction 2 : c’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute
Interprétation 2 : ablatif
*mea : ablatif singulier féminin du possessif meus, mea, meum (mon, ma)
*maxima : ablatif singulier du superlatif de magnus, -a, -um (grand)
*culpa : ablatif singulier de culpa, -ae, féminin (faute)
Traduction : par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute
Remarque : la formule apparaît sous forme abrégée dans l’expression « faire son mea culpa »)

Miserere 
*miserere : impératif présent 2ème personne du singulier du verbe déponent misereor, -eris, -eri, misertus sum (avoir pitié) 
 Traduction : Aie pitié 
 Remarque : c’est la version latine du grec eleison (Kyrie, eleison : Seigneur, aie pitié) 
 Remarque 2 : la forme active misereo (même sens) existe, mais est plutôt archaïque.

Noli me tangere
*noli : impératif 2ème personne du singulier du verbe irrégulier nolo, non vis, nolle, nolui (ne pas vouloir)
*me : accusatif du pronom personnel de la 1ère personne ego (je)
*tangere : infinitif du verbe tango, -is, -ere, tetigi, tactum (toucher)
Traduction 1 : ne veuille pas me toucher ! > veuille ne pas me toucher !
Traduction 2 : ne me touche pas !
Remarque : noli et nolite permettent de former les périphrases pour la négation de l’impératif de la 2ème personne : tange me (touche-moi), noli me tangere (ne me touche pas), nolite me tangere (ne me touchez pas)

Quo vadis, Domine(phrase attribuée à Pierre lors d'une rencontre à Rome avec Jésus)
*quo : adverbe interrogatif du lieu où l’on va (où ?)
*vadis : indicatif présent 2ème personne du singulier de vado, -is, -ere (aller)
*domine : vocatif singulier de dominus, -i (le maître)
Traduction 1 : où vas-tu, Maître ?
Traduction 2 (stéréotypée par l’usage à partir du Moyen Âge) : où vas-tu, Seigneur ? Remarque : la traduction de dominus par le terme « seigneur » (issu du mot latin senior, plus vieux) vient de la société médiévale, où plusieurs catégories de « seigneurs » jouaient un rôle important.

Requiescat in pace 
RIP : inscription portées sur certaines pierres tombales) 
*requiescat : subjonctif présent 3ème personne du singulier de requiesco, -is, -ere, requievi, requietum (prendre du repos) 
*in : préposition régissant l’accusatif (mouvement) ou l’ablatif (sans mouvement) (dans) 
*pace : ablatif singulier de pax, pacis, féminin (la paix) 
Traduction : Qu’il repose en paix
Remarque : le suffixe -sc- (fréquentatif) disparaît au parfait et au supin
Remarque 2 : on peut aussi avoir requiescant (3ème personne du pluriel)

Sacra congregatio de propaganda fide
Organisme de l’Église catholique créé en 1622 pour diriger les missions d’évangélisation (actuellement : Congrégation pour l’évangélisation des peuples)
*sacra : nominatif féminin singulier de sacer, sacra, sacrum (sacré)
*congregatio : nominatif singulier de congregatio, -onis, féminin (réunion, société)
*de : préposition régissant l’ablatif (au sujet de)
*propaganda : ablatif féminin singulier du l'adjectif verbal de propago, -as, -are, -avi, -atum (étendre, prolonger, propager)
*fide : ablatif de fides, fidei, féminin (la foi)
Traduction 1 (littérale) : société sacrée au sujet de la foi devant être propagée
Traduction 2 : Sacrée congrégation pour la propagation de la foi
Remarque : cette formulation reprend un tour stylistique du latin classique : utilisation d’un gérondif adjectivé plutôt que d’un mot abstrait
Remarque 2 : elle est à l'origine du mot « propagande »

Sic transit gloria mundi
Formule utilisée à partir du XIIIème siècle à l’avènement d’un pape (en même temps qu’on brûlait une mèche d’étoupe)
*sic : adverbe (ainsi, de cette façon)
*transit : présent de l’indicatif 3ème personne du singulier du verbe transeo, transis, transire, transii, transitum (aller au-delà, passer)
*gloria : nominatif singulier de gloria, -ae, féminin (la gloire)
*mundi : génitif singulier du mundus, -i, masculin (le monde, l’univers)
Traduction : ainsi passe la gloire du monde (d'ici-bas)

Te absolvo
*te : accusatif du pronom personnel de 2ème personne du singulier (te)
*absolvo : indicatif présent 1ère personne du singulier de absolvo, -is, -ere, absolvi, absolutum (délier, acquitter, absoudre)
Traduction : je t’absous

Urbi et orbi
*urbi : datif de urbs, urbis (urbium) (la ville)
*orbi : datif de orbis, orbis (le monde)
Traduction : à la Ville (Rome) et au monde
Remarque : orbis signifie fondamentalement « le cercle », d’où « le disque (de la Terre) », « le monde »

Vade retro Satana/Vade retro me Satana
Phrase 1
Formule employée dans la lutte contre la sorcellerie à partir du XVIIème siècle
*vade : impératif 2ème personne du singulier de vado, -is, -ere (aller)
*retro : adverbe (en arrière)
*satana : vocatif du mot d’origine hébraïque satanas, satanae, masculin (l’adversaire, Satan)
Traduction : va en arrière, Satan !
Traduction 2 : arrière, Satan !
Phrase 2
Elle se trouve dans la Vulgate (Marc, 8, 33)
*retro : préposition régissant l’accusatif (derrière)
*me : accusatif du pronom personnel de la 1ère personne du singulier (moi)
Traduction : va derrière moi, Satan !
Traduction 2 (?) : hors de ma vue, Satan !

Veni creator (spiritus) 
*veni : impératif présent 2ème personne du singulier de venio, -is, -ire, veni, ventum (venir) 
*creator : vocatif singulier de creator, creatoris (le créateur) 
*spiritus : vocatif singulier de spiritus, -us (l’esprit) 
Traduction : Viens, esprit créateur 
Remarque : la formule Veni creator désigne l’hymne (du IXème siècle) dont le premier vers est Veni, creator spiritus (« Pour chanter Veni creator, il faut une chasuble d’or »)

3) Usages postérieurs à l'Antiquité

Ad augusta per angusta
*ad : préposition régissant l’accusatif (vers)
*augusta : accusatif pluriel neutre de augustus, -a, um (auguste, saint, majestueux)
*per : préposition régissant l’accusatif (par, à travers)
*angusta : accusatif pluriel neutre de angustus, -a, um (étroit, resserré, peu abondant)
Traduction 1 : vers ce qui est auguste par ce qui est étroit
Traduction 2 : vers les hauteurs par les chemins difficiles
Remarque : la traduction littérale ne paraît pas pourvu d’un sens immanent (il faut ajouter du sens) ; il est évident que le jeu de mot mettant en parallèle augusta et angusta est ici prévalent, mais il n’y a pas de parallélisme pour ce qui est du sens.
Remarque 2 : « Augustus/Auguste » est un des titres attribués par le Sénat romain au fils adoptif de César, Caius Octavius Thurinus (« Octave »), vainqueur de Marc Antoine à Actium en 31 avant J.-C., repris par ses successeurs à la tête de l'empire romain.

Bona fide
Formule utilisée dans les textes juridiques en anglais
*bona : ablatif singulier féminin de bonus, -a, -um (bon)
*fide : ablatif singulier de fides, -ei, féminin (confiance, loyauté, parole donnée)
Traduction : de bonne foi

Castigat ridendo mores
Formule attribuée à un poète néolatin français, Jean de Santeul (1630-1697) au sujet de la comédie
*castigat : présent de l’indicatif 3ème personne du singulier de castigo, -as, -are, -avi, -atum (réprimander, corriger, réprimer)
*ridendo : ablatif du gérondif de rideo, -es, -ere, risi, risum (rire)
*mores : accusatif pluriel de mos, moris, masculin (la coutume, le genre de vie, (au pluriel) les mœurs)
Traduction 1 : elle corrige en riant les mœurs
Traduction 2 : elle corrige les mœurs par le rire
Remarque : le gérondif correspond à la déclinaison de l'infinitif

Cogito ergo sum 
*cogito : indicatif présent 1ère personne du singulier de cogito, -as, are, -avi, -atum (penser)
*ergo : conjonction de coordination (donc)
*sum : indicatif présent 1ère personne du singulier du verbe irrégulier sum, es, esse, fui (être)
Traduction : je pense, donc je suis.

Citius, altius, fortius 
Devise olympique
*citius : comparatif neutre de citus, -a, -um (rapide)
*altius : comparatif neutre de altus, -a, -um (haut)
*fortius : comparatif neutre de fortis, -is, -e (robuste, énergique, fort, courageux)
Traduction : Plus vite, plus haut, plus fort
Remarque : la traduction de fortius par « plus fort » est un peu réductrice par rapport aux sens du mot latin

Imprimatur 
Mot utilisé à l'époque à l'époque moderne pour indiquer qu'un livre était autorisé.
*imprimatur : subjonctif présent 3ème personne du singulier du verbe imprimo, -is, -ere, impressi, impressum (presser sur, marquer, imprimer (un sceau...))
Traduction 1 : qu’il soit imprimé ! (il = ce texte) 
Traduction 2 : autorisé à l’impression
Remarque : le sens d’« imprimer un texte » est évidemment moderne

Magna cum laude

Formule utilisée dans les pays anglo-saxons pour spécifier le bon niveau d'une thèse)
*magna : ablatif singulier féminin de magnus, -a, -um (gran)
*cum : préposition régissant l’ablatif (avec)
*laude : ablatif singulier de laus, laudis, féminin (la louange, l’éloge)
Traduction : avec grand éloge
Remarque : la préposition est ici placée entre les deux mots qu'elle régit, tour stylistique assez fréquent en latin littéraire

Missi dominici
Désignation des représentants de l'empereur à l'époque carolingienne chargés de contrôler les comtes, alors encore considérés comme des agents de l’État
*missi : nominatif masculin pluriel du participe passé de mitto, -is, -ere, misi, missum (envoyé)
*dominici : nominatif masculin pluriel de dominicus, -a, -um, adjectif dérivé de dominus, -i (relatif au maître)
Traduction : les envoyés du maître (de l’empereur)
Remarque : dominicus est à l'origine de « Dominique », de « dominical » et de « dimanche », le « maître » étant ici Dieu (alias « le Seigneur »)

Nolens volens
*nolens : participe présent singulier du verbe irrégulier nolo, non vis, nolle, nolui (ne pas vouloir)
*volens : participe présent singulier du verbe irrégulier volo, vis, velle, volui (vouloir)
Traduction 1 : ne voulant pas, voulant
Traduction 2 : avec ou sans (mon/ton/son) accord


Quod erat demonstrandum : QED



4) Expressions ou mots latins passés en français

A fortiori


A posteriori


A priori 

Ad hoc 
*ad : préposition régissant l’accusatif (vers)
*hoc : accusatif neutre du pronom démonstratif hic, haec, hoc (ceci)
Traduction 1 : pour ceci
Traduction 2 : en vue de cet objectif, en vue d'un objectif donné

Ad hominem (argument ad hominem)
*ad : préposition régissant l’accusatif (vers)
*hominem : accusatif singulier de homo, hominis, masculin (l’homme, l’être humain)
Traduction 1 : vers l’homme
Sens : (argumentation) dirigée contre la personne de l’interlocuteur et non contre ses idées

Agenda (latin : agenda)
*agenda : adjectif verbal neutre pluriel de ago, -is, -ere, egi, actum (faire)
Traduction 1 : les choses devant être faites
Traduction 2 : ce qu’il faut faire
Sens actuel : (par métonymie) le carnet où l'on inscrit les choses à faire

Curiosa (latin : curiosa)
*curiosa : neutre pluriel de curiosus, -a, -um (curieux, avide de savoir)
Sens 1 : les choses curieuses, dignes d’intérêt
Sens 2 : les curiosités
Remarque : ce sens passif (curiosité/bizarrerie des choses par rapport au savoir des hommes) du mot curiosa ne semble pas exister en latin (du moins selon le Gaffiot, qui ne donne que des acceptions relatives à l’intérêt des hommes pour les choses)

Delete (latin : delete)
*delete : impératif présent 2ème personne du pluriel de deleo, -es, -ere, -evi, -etum (déruire)
Traduction 1 : détruisez !
Traduction 2 : supprimez !
Remarque : nom parfois utilisé pour la touche de clavier de suppression (« SUPP » ou « DEL » ; il s’agit d’un usage anglais à l’origine (mais en anglais standard, on dirait destroy (détruire) ou suppress (supprimer)


Fac-similé (latin : fac simile
*fac : impératif présent 2ème personne du singulier de facio, -is, -ere, feci, factum (faire)
*simile : neutre (adverbial) de similis, -is, -e (semblable)
Traduction : fais semblablement !

Mémento (latin memento)

*memento : impératif futur 2ème personne du singulier du verbe irrégulier memini, meministi, meminisse (s’être mis en mémoire, avoir à l’esprit, se souvenir)
Traduction : souviens-toi !
Remarque : ce verbe ne se conjugue qu’au parfait, plus-que-parfait, etc. (lien)

Ne varietur (latin : ne varietur)
Formule employée en français comme un adjectif : édition ne varietur, visa ne varietur
*ne : adverbe négatif
*varietur : subjonctif présent 3ème personne du singulier de vario, -as, -are, -avi, -atum (varier : mettre de la variété, nuancer ou : être varié, être changeant)
Traduction : que cela ne varie pas
Sens : qui ne doit pas varier, qui ne doit pas être changé

Passim (latin : passim)
Terme utilisé dans les notes de référence (« tel ouvrage, telle page et passim »)
*passim : adverbe (un peu partout)
Traduction : un peu partout
Remarque : dérivé du verbe pando, -is, -ere, pandi, passum (étendre, étaler)



Pedibus (latin : pedibus)
*pedibus : ablatif pluriel de pes, pedis, masculin (le pied)
Traduction 1 : grâce aux pieds, grâce à (mes/tes/ses/nos/vos/leurs) pieds
Traduction 2 : à pied

Référendum (latin : referendum)


Sine die (notamment dans la formule « ajourner sine die »)
*sine : préposition régissant l’ablatif (sans)
*die : ablatif singulier de dies, diei, masculin (le jour, la date)
Traduction 1 : sans date
Traduction 2 : indéfiniment 

Verbatim



Veto ou véto (latin : veto)
*veto : indicatif présent 1ère personne du singulier du verbe veto, -as, -are, vetui, vetitum (refuser, interdire, s'opposer)
Traduction 1 : je refuse, je m'oppose
Remarque : veto est une forme verbale utilisée par les tribuns de la plèbe (créés à Rome en 493 avant J.-C.) s’ils s’opposent à une loi qu’ils jugent défavorable à la plèbe ; en français, elle devient en français un nom (« droit de veto », « mettre son veto ») ; de même dans d’autres langues européennes



DIVERS

AEIOU (formule utilisée par les Habsbourg pour connoter la supériorité de l'Empire d'Autriche, mais dont le contenu exact (allemand ou latin) n'est pas fixé avec certitude ; en latin, cela peut être l’abréviation de : Austria est imperium orbis universae)



Sator Arepo tenet opera rotas (cette suite de mots de 5 lettres, disposée dans une grille de mots croisés de 5x5, a la particularité de pouvoir être lue horizontalement ou verticalement)


5) Latin de la communication d'entreprise
Ars gratia artis (devise de la MGM)
*ars : nominatif singulier de ars, artis, féminin (talent, métier, art, science)
*gratia : nominatif singulier de gratia, -ae, féminin (faveur, reconnaissance, agrément)
*artis : génitif singulier de ars, artis, féminin (talent, métier, art, science)
Traduction 1 : l’art agrément de l’art
Traduction 2 : l’art pour l’art 
Remarque : il s’agirait d’une traduction en latin de la formule française « l’art pour l’art »


Bibendum (nom du bonhomme Michelin) : voir la citation Et nunc est bibendum.

Duralex (nom d'une entreprise française de verrerie) : voir la locution Dura lex, sed lex.

Festina (nom d'une entreprise suisse d'horlogerie) : voir la citation Festina lente.

Omnibus (nom d'entreprises de transports du XIX° siècle, et nom commun d'une voiture de transport en commun à cette époque, d'où viennent les termes actuels : « autobus », « bus »)
*omnibus : datif pluriel de omnis, omnis, omne (tout)
*Traduction : Pour tous
*Remarque : l’utilisation de « omnibus » en relation à un véhicule de transports en commun semble être apparue vers 1825 à Nantes, et s’être ensuite étendue à Paris, puis à d’autres villes. Bien que la traduction « pour tous » soit appropriée, il se serait ajouté un fait de hasard, la présence près du départ de la ligne nantaise d’un magasin Omnès utilisant une publicité « Omnès omnibus » (= Omnès, pour tous).

Parabellum (type d'arme de poing) : voir la locution Si vis pacem, para bellum.

Vivendi (nom d'une entreprise française)
*vivendi : génitif du gérondif masculin ou neutre du verbe vivo, vivis, vivere, vixi, victum (vivre)
Traduction : de vivre
Remarque : isolé, ce mot n'a guère plus de sens en latin que son équivalent en français ; ce nom a été adopté en 1998 par la Compagnie générale des eaux (CGE), il y a peut-être à l'origine l'évocation d'un rapport entre « l'eau » et « la vie » ; en revanche, vivendum pourrait avoir un sens (il faut vivre), mais la sonorité finale n'est sans doute pas assez allègre (ou rappellerait trop bibendum !)
Remarque 2 : le verbe vivo a le même supin (victum) que vinco (vaincre) ; en revanche le parfait est différent : vixi vici.

 

Création : 22 novembre 2019
Mise à jour : 5 mars 2020 (ne varietur, bona fide)
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 70. Annexe 1 : Analyse grammaticale de formules latines connues
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2019/11/analyse-grammaticale-de-formules.html







lundi 18 novembre 2019

69. L'imbécillité des sociologues : « Il faut six générations pour sortir de la pauvreté »

Quelques remarques sur un lieu commun récent de la sociologie médiatique


Classement : pauvreté ; sociologie ; médias




Référence
*« Aux sources du malheur français », Répliques, France Culture, samedi 2 novembre 2019 : avec Denis Olivennes et Pierre Vermeren.
*Jacques Littauer, « Le MEDEF veut l’égalité ! », Charlie Hebdo, 13 novembre 2019, page 5
*Nicolas Bouzou, « Patrimoine de Bernard Arnault : "Ne pas verser dans la démagogie" », Marianne, 20 mars 2020, page 57 (voir en bas de page, ajout du 21 mars 2020)

Textes
1) Au cours de l’émission d’Alain Finkielkraut, un des invités (sans doute Olivennes) profère la phrase suivante : « Savez-vous qu’il faut six générations pour qu’un enfant de famille pauvre sorte de la pauvreté. Donc, l’ascenseur social ne fonctionne plus, parce que l’école ne joue pas son rôle, etc. etc. ».
2) Dans Charlie Hebdo, Jacques Littauer écrit : « il faudrait dans notre pays, pas moins de 180 ans afin qu’un descendant de famille pauvre atteigne le revenu moyen » et un peu plus loin « selon l’OCDE, il faudrait six générations pour que les arrières-arrières-arrières-petits-enfants de Fatima, femme de ménage à Aubervilliers […] deviennent instituteurs, commerciaux ou secrétaires. Six générations, c’est trrrrrès long. »

Analyse
Cette assertion s’appuierait donc sur « une étude de l’OCDE » (non précisée).
C’est assez curieux, car, telle qu’elle est énoncée, cette phrase ne veut rien dire. En effet, on pourrait imaginer en l’entendant qu’après cinq générations ayant vécu dans la pauvreté (au sens statistique), la 6ème génération accède miraculeusement à un niveau supérieur. Cela fait penser au principe de la technologie shadok : « Ils avaient calculé qu’ils avaient une chance sur un million de réussir et ils se dépêchaient de rater leur 999 999 premiers essais pour arriver au 1 000 000ème. » (dans le cas présent, on se contenterait de « 5 essais ratés »).
Il est évident que l’OCDE n’a pas le recul suffisant pour savoir ce qui se passe au bout de 6 générations, soit comme l’indique Littauer, 180 années (ou à la rigueur 150 si on considère que deux générations successives sont séparées par 25 ans), une étude remontant à 1870, voire 1840, n’ayant pas grand sens. Il faut se référer à une période assez homogène et assez récente, par exemple, la période qui suit la Seconde Guerre mondiale.
Comment dans ce cadre comprendre cet énoncé, s’il veut réellement dire quelque chose ?
Je suppose qu’il signifie qu’en examinant une génération donnée de cette période (celle des années 1970 par exemple), on a constaté 25 ou 30 ans plus tard que, parmi les enfants de familles pauvres de 1970, 1/6ème (16,6 %) étaient sortis de la pauvreté ; de même (en moyenne) pour les générations pour lesquelles on pourrait avoir des données sur 30 ans (soit jusqu’aux enfants nés en 1985).

Commentaire
Il est clair que transcrire cette donnée sous la forme « il faut 6 générations pour… » ou « il faut 180 ans pour … » est sans intérêt pédagogique puisque cela occulte et déforme la donnée initiale.
En tout état de cause, contrairement à Olivennes, on ne peut pas tirer de cette donnée la conclusion que « l’ascenseur social ne fonctionne plus » : il concernerait 16 % des « pauvres », on peut considérer que c’est trop peu, pas que ce n’est rien ! (Olivennes, s’il s’agit bien de lui, qui est issu d’une famille de grande bourgeoisie, et est lui-même un très grand bourgeois, est vraiment touchant quand il  se penche avec tant d’attention sur le sort des « pauvres », dame patronnesse du 21ème siècle en quelque sorte).

Commentaire 2
Il est probable que cette assertion sur le devenir des enfants pauvres a aussi pour objet de déplacer la dénonciation du système socio-économique (qui génère la pauvreté et dans le fonctionnement duquel les « Olivennes » ont un rôle essentiel) à un élément du système (l’école, les « profs ») qui ne serait pas capable de faire accéder les enfants pauvres à la richesse. Ce qui est grave, dans l'esprit des dames patronnesses actuelles, ce n’est pas l’existence de familles pauvres, c’est que les enfants de ces familles n’aient pas « les mêmes chances » que les autres (mais il se trouve que l’inégalité des chances est un élément constitutif de la pauvreté !).

Ajout (21 mars 2020)
Dans ce texte, Nicolas Bouzou reprend la formule des « six générations », mais pour une fois avec une mention concernant ce qui se passe à l'étranger : « D'après l'OCDE, six générations sont nécessaires pour que les enfants issus des familles les plus pauvres atteignent le revenu moyen, contre quatre ou cinq générations en moyenne dans les autres pays. » La formule « quatre ou cinq générations en moyenne dans les autres pays » n'est pas d'une grande rigueur scientifique (quels pays au juste ? que signifie une « moyenne » qui en pourcentage varie (par rapport à la France prise comme « base 100 ») entre 66 % et 83 % ? Cela signifie qu'il y a probablement des pays qui sont à 90 % par rapport à la France, ce qui n'est pas un écart très significatif.



Création : 18 novembre 2019
Mise à jour : 21 mars 2020
Révision : 10 décembre 2019
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 69. L'imbécillité des sociologues : « Il faut six générations pour sortir de la pauvreté »
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2019/11/limbecillite-des-sociologues-il-faut.html








jeudi 24 octobre 2019

68. Hoedt et Piron sur France Inter, ou La grammaire de les nuls

Quelques remarques à propos d’une chronique débile sur France Inter



Classement : linguistique ; grammaire française




Référence
*Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, « Mythologie de la grammaire scolaire », chronique Tu parles !, France Inter, 11 août 2019, 9 h 50
*Page du site de France Inter correspondant à cette chronique (lien)

Les auteurs
*Arnaud Hoedt : belge ; promoteur d’un changement de la règle de l’accord du participe passé (« les crêpes que j’ai mangé ») (cpa lpir)
*Jérôme Piron : en gros idem.
*Hoedt et Piron : anciens professeurs de français ; commettent des spectacles à base de linguistique ; chargés d’une chronique linguistique sur France Inter pendant l’été 2019
Voici comment la chronique du 11 août est présentée sur la page du site
« Nos deux iconoclastes, Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, nous proposent de démonter le plus grand mythe fondateur de l’école républicaine : la grammaire scolaire. Et ceci avec le soutien d'André Chervel, remarquable linguiste, grammairien et historien français. »
C’est par hasard que je suis tombé sur cette chronique nulle (je n’écoute pas habituellement France Inter le dimanche à 8 h 50), je n’en ai donc pas écouté d’autres.

La chronique
C’est un ramassis de sottises énoncées par deux pédants, imbus de lectures derrière lesquelles ils cachent une absence de réflexion sur le sujet dont ils croient parler.
Hoedt et Piron commencent par un long blablabla sur ce qu’est la grammaire, la distinction entre grammaire descriptive et grammaire normative. Ils s’attaquent ensuite à un certain nombre de notions, en particulier le « COD ».

Florilège des âneries énoncées doctement par les Bouvard et Pécuchet de la linguistique sur France Inter
1) Pourquoi détestent-ils « l’école républicaine » ?
« Plus grand mythe fondateur de l’école républicaine », la grammaire scolaire « savez-vous, Laetitia, remonte au début du XIXème siècle » (Laetitia est une admiratrice présente dans le studio, je suppose).
Mais… cela ne va pas du tout : quand on se réfère à l’école républicaine, on pense à celle des années 1880 (Ferry, etc., l’école « gratuite, laïque et obligatoire ») ; si, comme ils le prétendent, la « grammaire scolaire » date du début du XIXème siècle, elle n’est pas spécialement attachée à « l’école républicaine » ; pour une raison à déterminer, aussi bien Bouvard et Pécuchet que leur gourou Chervel s’acharnent, sans motif valable, contre « l’école républicaine ». Seraient-ils partisans d’une « école royaliste » ? Non, bien sûr, mais cela montre qu’ils parlent sans réfléchir !

2) « Le fameux COD » ne sert-il qu'à pas grand chose ?
Selon Hoedt et Piron, « le fameux COD a été créé pour la règle d’accord du participe passé. Il ne sert qu’à ça ! ».
Ils sont bien péremptoires. Il me semble qu’une des raisons pour lesquelles la « grammaire scolaire » a créé les exercices d’« analyse grammaticale » et d’« analyse logique » (« nature » des mots ; distinction entre sujet, verbe, compléments direct, d’attribution, de circonstances, etc. ; reconnaissance des types de « propositions ») était de permettre aux élèves des collèges (niveau secondaire donc) de mieux comprendre le français en vue de l’étude du latin et du grec, langues à déclinaisons, et  cette étude (la grammaire du français était d’ailleurs parfois marquée par la structure de la langue latine : par exemple : la formulation française « la ville de Paris » était analysée comme une « apposition », en parallèle avec le latin « urbs Roma »).
Ce problème ne concerne d’ailleurs pas seulement le latin et le grec ancien, mais de nombreuses langues actuelles qui ont encore des déclinaisons, eh oui ! (allemand, russe et langues slaves en général, islandais, basque, etc. etc.). Or, pour passer d’une langue sans déclinaison à une langue avec déclinaisons, il est utile de distinguer conceptuellement (en français, par exemple) le « complément direct » (sans préposition : « je vois un homme ») des « compléments indirects » (avec préposition : « je parle à un homme », « je suis dans la maison »), ce qui permet de savoir quel cas (avec ou sans préposition) il faut utiliser ; en général, au complément direct français correspond le cas accusatif sans préposition (latin : « video virum » ; allemand : « ich sehe einen Mann », russe : « ya vizhu muzhshtshinu »).
Bien entendu, il n’est pas absolument nécessaire de connaitre le concept de « complément direct » pour apprendre une langue étrangère ; mais cela rend les choses plus simples que si on est obligé de prendre un exemple.
Autre argument contre la thèse Hoedt-Piron : l’intérêt général du « complément direct » c’est d’être un élément syntaxique en relation avec d’autres éléments syntaxiques (« sujet » ; « compléments indirects ») qui permettent une appréhension élémentaire de la langue. L’idée que le « COD » (dans lequel la mention « d’objet » est certainement superfétatoire, puisqu’il s’agit d’une notion sémantique et non pas grammaticale) « ne sert que pour la règle d’accord du participe passé » et même que « il a été créé pour ça » ne rime pas à grand-chose : la notion de complément direct est un des fondements de l’analyse des langues dépourvues de déclinaisons. Cette notion est antérieure (théoriquement, sinon historiquement) à la question de l’accord des participes passés.

A suivre



Création : 24 octobre 2019
Mise à jour : 9 janvier 2020 (lien vers la suite)
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 68. Hoedt et Piron sur France Inter, ou La grammaire de les nuls
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2019/10/hoedt-et-piron-sur-france-inter-ou-la.html








samedi 5 octobre 2019

67. Vive la narchie !

Quelques remarques sur un document hachement interpellatif issu de la bande à Narchiste


Classement :




Référence
Il s’agit d’un tract affiché sur le cours des 50-otages à Nantes, vers l'arrêt de tram de ce nom.
Prise de vue : 18 septembre 2019.

L’auteur
Non indiqué.

Texte

Analyse
A venir

Commentaire
Quand on a réussi à lire une page comme ça, si on n’est pas mort d’ennui, on a très envie de devenir membre de la bande à Narchiste.



Création : 5 octobre 2019
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 67. Vive la narchie !
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2019/10/vive-la-narchie.html








vendredi 20 septembre 2019

66. L'imbécillité des libertaire-esse-s

Quelques remarques sur une propagande pitoyable du groupuscule Alternative libertaire


Classement : France ; vie politique ; extrême-gauche




Référence
Il s'agit d'affiches apposées à l’arrêt du tramway 50 Otages à Nantes, sur des contreplaqués remplaçant les vitres normalement présentes (il en reste une, à droite).
Prise de vue du mercredi 18 septembre 2019.

L’auteur
Alternative libertaire : un quelconque groupuscule.

Texte




Analyse et commentaire
Ce que cette affiche veut faire comprendre (très lourdement), c’est que toutes les femmes sont « harcelées, violées, humiliées, frappées » et que tous les hommes (tous harceleurs, violeurs, etc.) doivent savoir que « la peur va changer de camp », qu’ils doivent tous « avoir peur ».
On croirait avoir affaire à la propagande d’un groupe féministe sectaire, non pas à un groupe politique prétendument « libertaire ».
Que des « libertaires » n’aient rien d’autre à faire que de se mettre à la remorque des féministes ultra et de dépenser de l’argent pour le manifester à la face du monde est la preuve qu’ils sont pitoyables.



Création : 20 septembre 2019
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 66. L'imbécillité des libertaire-esse-s
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2019/09/limbecillite-des-libertaires.html








mercredi 18 septembre 2019

65. L'imbécillité des écologistes 2. Notre-Dame-des-Landes

Quelques remarques sur une sottise de la « pensée » écologiste actuelle et une seconde preuve que les écologistes sont pitoyables


Classement :




Ceci est une suite de la page L'imbécillité des écologistes 1. Le combat antinucléaire, dans laquelle on a vu que les écologistes politiques main stream ont pour la lutte antinucléaire, combat né dans les années 1970, un attachement passionnel, devenu pathologique à une époque où l’ « ennemi principal » est le réchauffement climatique.

Ce n’est pas le seul aspect pitoyable de la « pensée » écologique.
Par exemple, ils s’imaginent volontiers avoir remporté une grande victoire en « empêchant » la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. À quoi on peut faire deux objections :
1) ce ne sont pas les écolos qui l’ont emporté dans ce combat, ce sont les fascistes blackblocks ;
2) mais surtout, il faut bien constater que depuis la reculade du gouvernement Philippe, il n’y eu dans le milieu de l’écologie politique aucun mouvement d’envergure dirigé contre la croissance du transport aérien, pas même un effort public de réflexion ni sur les moyens, ni sur les étapes (évidemment, car pour un écolo, il n’y a pas d’étapes, tout doit disparaître d’un seul coup !), ni sur les proportions d’une régression du transport aérien. Actuellement, le transport aérien est croissant, il se « démocratise » à tour de bras, Ryanair peut se pavaner à coups de trompettes de la renommée. Or l’aéroport de NDDL avait été envisagé par rapport à une croissance prévisible du transport aérien.
Il serait donc amusant que dans 30 ans, que dans 70 ans, le trafic aérien ait été multiplié par deux ou trois, ou 10 ou 20 : ce ne serait absolument pas grave, puisque, à Nantes, grâce à la victoire de NDDL, tous les avions passeraient par Château-Bougon (alias « Aéroport Nantes-Atlantique »), comme en 1960 ! Yes ! Pan dans la gueule à Ayrault et à son « Ayrauport » ! (Ça, c’était de l’humour !)
Là encore, les écolos ont choisi de combattre l’ « ennemi » secondaire plutôt que l’ennemi principal.



Création : 18 septembre 2019
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Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 65. L'imbécillité des écologistes 2. Notre-Dame-des-Landes
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2019/09/limbecillite-des-ecologistes-2-notre.html