jeudi 21 janvier 2021

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Les Malheurs de Sophisme 


Critique de la déraison médiatique

 

par



Jacques Richard



Dernier article publié : 21 janvier 2021 









119. Le dossier SOUMAHORO Pièce n° 4 : éléments biographiques

Quelques remarques sur les interventions médiatiques et académiques de la dame SOUMAHORO


Classement : sommités intellectuelles d'époque ; décononialisme




Ceci est la suite de la page Le dossier SOUMAHORO Pièce n° 4 (DDDD/1-S/4, dans laquelle je présente le document « Interrogatoire de la dame SOUMAHORO, Maboula, par MOHAMED, Warda » ; de nombreux sujets y sont évoqués : biographie, études, carrière, racisme, post-colonialité ; vie politique ; histoire ; etc.
On trouvera ci-dessous des citations relatives à la biographie de SOUMAHORO, telle que celle-ci la présente. Ces citations sont classées dans un ordre chronologique par rapport à sa biographie et non dans l’ordre d’apparition dans l’interrogatoire.

Citations relatives à la biographie de SOUMAHORO, Maboula
« Mes parents étaient arrivés de Côte-d’Ivoire à la fin des années 60 pour étudier et travailler. J’ai grandi en France avec mes 6 frères et sœurs et j’ai fini par voyager aux États-Unis. »

« Mon père a étudié en France, avec des étudiants africains, mais je n’ai pas grandi avec lui. »

« J’étais Africaine, Dioula*, un groupe ethnique d’Afrique de l’Ouest, musulmane mais ça n’avait pas de rapport avec la France. »

« On devait rentrer au pays avec une éducation à la française »

« J’ai grandi dans une génération pour qui il était question de retourner en Côte-d’Ivoire et finalement, j’ai 43 ans et je suis toujours là. Même ma mère est encore là. »

« Un jour j’ai mangé du chou-fleur à la cantine et je ne savais pas ce que c’était, pareil pour le goûter avec du Nutella. Ce n’était pas notre vie. Ce qui est différent devient attirant et n’a jamais rien à voir avec toi et ton intimité, c’est comme si tout ce qui était dehors était mieux. En plus on était pauvres… »

« J’ai étudié beaucoup de langues, latin, grec, russe, allemand »

« L’anglais était ma passion et j’avais eu 18 au Bac dans cette matière à l’écrit et à l’oral. »

« À quel âge et pourquoi êtes-vous allée aux États-Unis ?
La première fois à 15 ans, pour des vacances. […] J’avais de la famille là-bas, on n’avait pas d’argent mais j’arrivais à me payer mes billets d’avion. »

« J’ai rencontré mon mentor aux États-Unis, un Nigérian, en 1999. »

« Je voulais étudier, être prof à la fac »

« il y a 2-3 ans, quand j’étais dans le Vermont, j’ai commencé à écrire [Le Triangle et l’hexagone]. »

Notes
*Dioula : le mot se réfère à un groupe linguistique mandingue localisé autour de la ville de Kong dans le nord de la Côte d'Ivoire, et à un groupe social caractérisé par la pratique du commerce (en relation avec les marchands musulmans arabo-berbères), depuis une époque assez ancienne (XI° siècle) et de la religion musulmane.

Commentaires
Les énoncés ne sont pas toujours clairs.
Par exemple, SOUMAHORO glisse discrètement sur la situation de son père (« je n’ai pas grandi avec lui »). Sans doute ne veut-elle pas accabler un Africain et immigré, alors que son discours est sous-tendu par une certaine hostilité à la France, comme on le voit déjà dans certaines phrases.
Les considérations sur le chou-fleur et sur le Nutella auraient aussi gagné à être développées, ainsi que celles sur les moyens d'acheter des billets d'avion quand « on n'a pas d'argent », quand « on est pauvres » (je me permets de signaler, en tant que Blanc privilégié, que j'ai fait mon premier voyage en avion seulement à l'âge de 30 ans, alors que je travaillais depuis 7 ans). 



Création : 20 janvier 2021
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 118. Le dossier SOUMAHORO Pièce n° 4 : éléments biographiques
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2021/01/soumahoro-piece-4-biographie.html







mercredi 20 janvier 2021

118. Le dossier SOUMAHORO Pièce n° 4 (DDDD/1-S/4)

Quelques remarques sur les interventions médiatiques et académiques de la dame SOUMAHORO


Classement : sommités intellectuelles d'époque ; décononialisme




DDDD
Direction de la défense du deuxième degré
2, rue de l’Escalier-à-une-marche
06 Menton

Officier traitant : RJ (DDDD/06)

DOSSIER n° 1 : SOUMAHORO, Maboula (alias : Docteur Maboula)
Sexe : féminin
Née le : 3 février 1976
À : Paris
Nationalités : française ; ivoirienne
Études supérieures : anglais (Créteil, Jussieu, Columbia)
Emploi actuel : maître de conférences, Université de Tours
Grades universitaires : licence ; master ; doctorat (2008 ; Université de Tours)
Autres diplômes : CAPES d’anglais
Caractéristiques psychologiques : arrogante ; dominatrice et sûre d’elle-même ; de mauvaise foi ; certaine d’incarner la Justice ; méprise ses contradicteurs
Caractéristiques idéologiques : néo-antiracisme ; racialisme ; afroféminisme ; décononialisme ; indigénisme ; intersectionnalisme ; autres « –ismes » encore à déterminer.

Pièce n° 4
Référence du document
*« La question raciale structure tout », interrogatoire de SOUMAHORO, Maboula, par MOHAMED, Warda (lien), sur le site Ehko.

Présentation :
Warda MOHAMED est journaliste, cofondatrice du site Ehko, présenté comme un « média de (dé)construction ».
L’en-tête de l’article présente la dame SOUMAHORO comme « civilisationniste ».

Un interrogatoire sans complaisance :
On citera notamment la remarque impertinente faite par MOHAMED : « Vous n’êtes sans doute pas au niveau auquel votre CV vous permettrait de prétendre » ; cet énoncé prouve la grande objectivité de l’interrogatrice.

Les sujets évoqués au cours de l’interrogatoire
Il s’agit d’un assez long interrogatoire, dans lequel de nombreux sujets sont abordés, à travers lesquels transparaît toujours la personnalité de la dame SOUMAHORO.
Pour le détail, je noterai les éléments suivants
* les informations sur la biographie de SOUMAHORO ;
* les informations sur les études de SOUMAHORO ;
* les informations sur la carrière de SOUMAHORO ;
* les preuves que SOUMAHORO a passé une enfance marquée par le racisme ;
* les preuves qu’elle subit toujours le racisme ;
* les concepts relatifs à la post-colonialité, à la dé-colonialité, à la blanchité et à la noirité ;
* des analyses politiques (rubrique « Le café du Commerce décolonial ») ;
* des analyses historiques.
Ces points seront étudiés en détail dans les pages suivantes, à partir des réponses fournies par SOUMAHORO.

A venir
*Eléments de la biographie de la dame SOUMAHORO



Création : 20 janvier 2021
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 118. Le dossier SOUMAHORO Pièce n° 4 (DDDD/1-S/4)
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lundi 11 janvier 2021

117. Marianne, le féminisme et l'Académie française

Quelques remarques sur un dessin de presse de LB dans Marianne


Classement : Médias France




Référence
*LB, « L’Académie française féminise des noms de métiers » (dessin), Marianne, 8 mars 2019, page 37

L’auteur
*LB : voir la page « L’énigmatique LB : grand gagnant du Trophée Presse Citron » (lien) ; travaille aussi pour Siné Mensuel, ce qui, pour moi, n'est pas tellement positif.

Dessin
Titre : « L’Académie française féminise des noms de métiers »
Bulle : « La féminisation des salaires, ça attendra ! »

Analyse
L’idée générale, c’est que la féminisation de certains noms de métiers par l’Académie française, ça ne vaut pas grand-chose, que c’est de la poudre aux yeux, puisque cela ne concerne pas le « dur » : les rémunérations, inégales (selon la doxa) entre hommes et femmes.
On remarquera que, dans cette perspective la bulle n’est pas conséquente : « féminiser les salaires », cela signifie les faire baisser ! Logiquement, l’académicien aurait dû dire « La masculinisation des salaires… », mais cela aurait créé un déséquilibre rhétorique, auquel l'auteur a préféré un déséquilibre conceptuel.

Commentaire
Ce dessin a un arrière-plan très « intersectionnel », avec un personnage qui représente « le vieux monde patriarcal hétéronormé », engoncé dans les traditions désuètes (uniforme chamarré de l’Académie, épée).
Là où ce dessin est inepte, c’est qu’il reproche en quelque sorte à l’Académie d’avoir porcédé à une opération inutile dans le but d’éviter qu’on s’intéresse à la question des salaires (ce que « dit » ici l’académicien serait, dans la réalité, un non-dit). Mais, dans la réalité, l’Académie française n’a aucun pouvoir en ce qui concerne les salaires des hommes et des femmes.
Dans la réalité, l’Académie a répondu, avec retard peut-être, à une demande, voire une exigence sociale. Elle s’est montrée, peut-être insuffisamment, « progressiste ». Mais la concession qu’elle a faite lui est reprochée comme si c’était un faux-semblant lancé volontairement par elle pour « occulter » un fait scandaleux.
Quand l’Académie s’oppose aux demandes progressistes, cela lui est reproché comme preuve de « réaction » ; quand elle acquiesce aux demandes progressistes, cela lui est reproché comme indice d’une volonté de tromper.
Il y a en fait une distorsion (fréquente) entre l’idéologie (simpliste et mystificatrice) de ce dessin et les points de vue défendus par Marianne. Mais c’et souvent le cas des dessins publiés dans ce magazine.



Création : 11 janvier 2021
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 117. Marianne, le féminisme et l'Académie française
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2021/01/reference-lb-lacademie-francaise.html







dimanche 13 décembre 2020

116. À mort l'arbitre (pour un oui, pour un non) !

A propos de l'affaire de l'arbitre roumain lors du match PSG-Basaksehir


Classement : antiracisme spectaculaire




Référence
*Le grand face à face, France Inter, 12 décembre 2020, à propos de l’affaire du match PSG-Basaksehir du 9 décembre à Paris [cette émission d'Ali Baddou réunit chaque semaine Natacha Polony et Gilles Finchelstein, ainsi qu'un invité politique qui intervient dans la seconde demie heure]

L'affaire
Un arbitre de second rang, de nationalité roumaine (comme les autres arbitres) a dit à un collègue en parlant d’un membre noir du staff de l’équipe turque : « Identifie qui est le Noir, là ». Mais comme il parait en roumain, il a utilisé le mot « negru », qu’un autre protagoniste a interprété comme « negro », « nègre ». Estimant qu’il n’avait pas proféré d’insulte, l’arbitre a refusé de présenter des excuses (en revanche, selon un professionnel de la profession, il aurait pu s'excuser de ne pas connaître le nom de quelqu'un qui était un protagoniste du match).
Suite à un épisode d’indignation collective, les deux équipes ont décidé de suspendre le match, qui a finalement été joué le lendemain.

L’émission
Cette affaire étant venue en discussion, Natacha Polony essaie de minimiser la faute de l’arbitre, mais elle pense tout de même qu’il a été « raciste ». Gilles Finchelstein, lui, estime qu’il n’a pas d’excuse. Tous approuvent la « saine réaction » des joueurs et développent sur le racisme des tribunes, qui relève d'un autre sujet, à mon avis.
Je leur ai donc adressé le message suivant (via la messagerie de France Inter, Relations auditeurs :

Message
« À l'attention de M. Ali Baddou, Mme Polony, M. Finchelstein
Professeur dans un collège de la banlieue de Nantes où il y avait quelques élèves noirs (ou faut-il dire "de couleur" ?), mais très peu, je me souviens avoir entendu un élève délégué de classe parlant en classe aux autres élèves : « Il faut vous adresser à X » et sentant que tout le monde ne savait pas qui était X, qui était d’une autre classe, il a ajouté « c’est le Black ! ».
Personne n'a catalogué cela comme "raciste" : tout le monde a compris qu’il donnait une indication caractéristique.
Est-il dès lors raciste de dire « le Noir », mais pas de dire « le Black » ? Si je me trouvais en Afrique « noire » (ou faut-il dire "subsaharienne" ?), dans une foule, je ne verrais pas de racisme à ce que quelqu'un (sans s'adresser à moi) me désigne comme « le Blanc, là » : a priori, c'est un moyen de repérage (c'est la suite qui peut dire s'il y avait du racisme dans cette formule).

Pour ma part et jusqu'à plus ample informé, je ne peux donc pas considérer que l'arbitre roumain désignant (sans s'adresser à lui) un collègue ou un joueur comme « le Noir, là » ait proféré ipso facto une parole raciste.
En revanche, je trouve effarant le fait que les joueurs aient cru bon d'exercer un « droit de retrait ». Il ne leur a pas suffi de manifester leur mécontentement (peut-être justifié, peut-être pas) à l'intéressé ; je suppose que celui-ci aurait compris la leçon. Non, ils se sont retirés, comme s'ils étaient face à une menace (se sont-ils brusquement identifiés à Samuel Paty ?) ! Qu'est-ce qu'un monde où des gens se sentent gravement menacés par une simple parole, fût-elle raciste (même en supposant que l'arbitre ait dit, volontairement et sciemment, « nègre ») ?
Il ne leur suffisait pas de déférer le « criminel » (le présumé coupable) devant les instances de l’UEFA ? De demander qu’il soit incarcéré jusqu’à son jugement ? Ces sportifs payés des sommes mirobolantes ont arrêté le travail pour une raison aussi futile ?
Et ils trouvent des journalistes et des commentateurs pour trouver ça admiraaaable ! Des joueurs si délicats qu'ils n'ont jamais réagi de cette façon quand tel ou tel joueur était réellement insulté, assimilé à divers animaux par des supporters !

On dirait qu'ils sont contents d'avoir tout d’un coup trouvé un coupable dont le principal crime aux yeux de ces glorieux sportifs est qu’ils n’ont absolument rien à redouter de lui : c’est un arbitre [à mort l'arbitre], c’est un Roumain [c'est quoi Roumain ?], c’est tout seul [contre 22]. Tout ça n'est pas aussi beau que vous voulez le croire. »

Commentaires
Ça commence par « les réseaux sociaux sur le stade » : vous captez un mot (que vous ne comprenez pas vraiment, mais qui ressemble à un mot dont vous savez qu’il est très grave, extrêmement grave, à la limite y’a pas plus grave), vous vous indignez, vous dénoncez, vous rameutez vos potes, vous vous mettez à 22 contre un ; à ce moment, vous revenez dans le monde réel, vous vous apercevez que vous ne pouvez quand même pas tuer le coupable, mais ça vous fout le moral dans les chaussettes, vous ne pouvez tout de même pas continuer de jouer à la baballe quand des faits aussi graves se sont produits ! Vous débrayez, ce qui vous permet d’attirer l’attention du monde entier sur l’insécurité qui règne dans les stades, qui ne sont pas des safe spaces. et où on risque à chaque instant de subir des micro-agressions !
Il y a quelque chose de grotesque dans la disproportion entre ce qui a été dit et la réaction des joueurs (cf. Pour un oui pour un non). Même si l’arbitre avait dit quelque chose qui méritait une sanction (par exemple « nègre »), est-ce qu’un arrêt de 5 minutes n’aurait pas largement suffi ? Mais ils n'était pas possible qu'ils continuassent à jouer, ces grands sentimentaux, avec un arbitre en qui ils n’avaient plus aucune confiance…



Création : 13 décembre 2020
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 116. À mort l'arbitre (pour un oui, pour un non) !
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/12/a-mort-larbitre-pour-un-oui-pour-un-non.html







samedi 12 décembre 2020

115. Vive ze To Lose School of Economics !

Quelques remarques sur une institution universitaire de prestige


Classement : France ; université ; Ecole d'économie de Toulouse




Référence
*France Inter, Le 13-14 (Bruno Duvic), 9 décembre 2020, invités au débat « Emploi, précarité des jeunes : comment éviter une génération sacrifiée ? » (vers 13 h 45) : Emmanuelle Auriol, économiste, professeur à l’école d’économie de Toulouse et Thibaut de Saint Pol, sociologue, directeur de l’institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire

Présentation
Présentant ses invités, Bruno Duvic annonce « Emmanuelle Auriol, de la Toulouse School of Economics ». Par la suite, cette dame profère quelques lieux communs sur les « jeunes qui sortent du système scolaire sans diplôme ».. Le blabla habituel du journaliste de base parlant du système scolaire.

Message 1 : « C’est quoi la To lose School of Economic ? »
Ça m’a un peu irrité, j’ai envoyé un message qui n’avait évidemment rien de sérieux :

« Un de vos invités de ce jour, avez-vous dit, est professeur à la « To lose school of economics », c'est-à-dire, si je comprends bien l’anglais « L’école d’économie pour perdre » (à la bourse ?).
D’ailleurs, ce que j’ai entendu m’a effectivement fait penser que j’avais affaire à une belle bande de losers, dont la pensée se résume à des lieux communs des plus inintéressants. »

Curieusement, j’ai reçu, deux jours plus tard, une réponse émanant des services de la médiation de Radio France :
« Nous avons bien pris connaissance de votre message.
Pour votre complète information, sachez que la Toulouse School of Economics (TSE) est un centre de recherche et de formation de renommée mondiale qui réunit plus de 150 enseignants-chercheurs et qui est classé 9ème centre d'économie au monde.
A toutes fins utiles, voici un lien pour découvrir ce centre https://www.tse-fr.eu/fr qui n'est, à proprement parlé, pas vraiment fréquenté par des "losers" (pour reprendre votre aimable expression).
Sachez que la Toulouse School of Economics est présidé par Jean Tirole, lauréat du Prix Nobel d’économie 2014.
Nous vous remercions pour votre fidélité Cher Monsieur. »

Message 2
Un peu surpris par cette réponse (à la fois par son origine et par son ton plein de gravité), j’ai envoyé un nouveau message :
« Je précise que mon message n'était pas destinée à la médiatrice, mais à M. Duvic ; simplement, le journal de 13 heures n'apparaît pas dans la liste des destinataires "Contact" de France Inter, c'est pourquoi je l'ai adressé à "Relations auditeurs".
Il est bien évident que je suis au courant de ce qu'est la Toulouse School of Economics. J'ironisais sur une école française qui s'affuble d'un nom anglais (dans la ville occitane qu'est Toulouse, de surcroît !), ce que personnellement je trouve ridicule, alors que M. Duvic semblait se gargariser en prononçant le nom de cette école. Je retire donc le mot de "losers", je mettrai à la place "ridicules".
Il me semble bien par ailleurs que l'association "Toulouse/to lose" a déjà .été faite il y a des années par Claude Nougaro. Je ne prétends pas en être l'inventeur. »

Dénouement provisoire
Cherchant à compléter mes informations, je me suis rendu sur la page correspondant à cette séquence (lien) et j’y fais une découverte amusante : il est indiqué « Emmanuelle Auriol, économiste, professeur à l’école d’économie de Toulouse ».
Il semble en effet que le nom premier de cette école soit "École d'économie de Toulouse", dans le cadre de l'université Toulouse 1-Capitole.
Mais le nom utilisé de façon systématique est "Toulouse School of Economics", sans doute pour faire branché, et c'est bien ce qu'a dit M. Duvic (en semblant se gargariser devant la beauté de son accent anglais).
Pourquoi ?
O moun païs, o to lose !



Création : 12 décembre 2020
Mise à jour :
Révision : 
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : Vive ze To Lose School of Economics !
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/12/vive-la-to-lose-school-of-economics.html







jeudi 10 décembre 2020

114. La « société patriarkale » : origine du concept néoféministe de patriarcat

Quelques remarques sur un concept foireux de la rhétorique féministradikale


Classement :




Ceci est une suite des pages :
*La bêtise du féminisme radikal : la « société patriarcale », dans laquelle je pars du cas d'une folliculaire de Télérama pour présenter une première approche la question .
*La « société patriarkale » : usages du concept, dans laquelle je présente divers usages actuels ou récents des termes qui lui sont associés.

B) Origines du concept féministradikal du « patriarcat »
1) Marilyn French, 1992
Douglas Murray se réfère à un ouvrage de Marilyn French, La Guerre contre les femmes (L'Archipel, 1992), publié en anglais en 1992 (The War Against Women, Hamish Hamilton).
Selon Murray, French indique au début de son livre (pages 1-2) que « pendant environ trois millions et demi d'années, l'espèce humaine a vécu dans une situation où hommes et femmes étaient égaux. [...] Mais depuis le quatrième millénaire avant Jésus-Christ, nous informe French, les hommes ont commencé à édifier "le patriarcat", un système qu'elle définit comme "une suprématie masculine reposant sur la force". Pour les femmes, "depuis, c'est la descente aux enfers". On nous explique qu'elles ont "probablement" été les premières esclaves et qu'elles ont été, depuis lors, "de plus en plus affaiblies, dégradées et soumises". Au cours des quatre derniers siècles, selon French, cette situation est devenue complètement incontrôlable, les hommes ("principalement en Occident") essayant de "resserrer leur contrôle sur la nature et sur ceux qui sont associés à la nature - les gens de couleur et les femmes" ».
La présentation que fait Murray de ce passage de l'ouvrage de French est-elle correcte ? C'est à vérifier, mais à première vue, elle ne paraît pas inepte. 
A noter que la problématique générale de French est que, après que les femmes ont réussi à conquérir des droits, il existe un phénomène de retour « retour de manivelle », « les hommes » s'apprêtant à revenir sur ces droits conquis (cf. l'ouvrage contemporain de Susan Faludi, Backlash La Guerre froide contre les femmes (Editions des Femmes, 1993) [Backlash The Undeclared War Against Women, Vintage, 1992], problématique assez irréaliste sous plusieurs aspects. On rencontre ici un avatar du grand thème stalinien (ou bolchevique) de « l'aggravation de la lutte des classes (du fait de la résistance des anciens exploiteurs) quand on approche de la fin du processus ». Du reste, il est clair que le mouvement intersectionnel prend facilement des postures staliniennes ou maoïstes (sans le vouloir probablement, du fait de la situation objective où il se trouve.

À suivre



Création : 10 décembre 2020 (par scission d'une page créée le 2 décembre 2020)
Mise à jour : 
Révision : 
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 114. La « société patriarkale » : origine du concept néoféministe de patriarcat
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/12/le-patriarkat-neofeministe-origine-du.html







mardi 8 décembre 2020

113. À propos du fameux slogan « Collège unique, collège inique » (lol)

Quelques remarques sur un bouc émissaire de la pensée médiatique concernant l'enseignement en France


Classement :




Un des éléments souvent critiqués du système d’enseignement français est la «  collège unique ». Mais que critique-t-on au juste à travers cette notion qui est devenu un gimmick du prêt-à-porter médiatique, y compris de la part de quelqu'un qui fut un intellectuel, François Bayrou, avec son slogan « Collège unique, collège inique » (ce qu’on se marre !).

J’ai l’impression que beaucoup de gens ne savent pas ce que représente la réforme du « collège unique », incluse dans ce qui est couramment appelé « loi Haby », du nom du ministre de l’Éducation nationale sous la présidence Giscard d’Estaing. Mais pour comprendre, il faut remonter une quinzaine d’années en arrière.

L'enseignement secondaire au début des années 1960 : lycées et CEG
Si on remonte à cette époque un peu éloignée, mais pas tant que cela (pour ma part, je suis entré en 6ème en 1961), le système d'enseignement secondaire prolongeait  celui qui avait été établi au cours du XIXème siècle avec :
1) les lycées, créés par Napoléon (mais issus des « collèges humanistes » de la Renaissance, révisés par les Jésuites et les Oratoriens sous l’Ancien Régime) qui scolarisant les élèves de la 6ème à la Terminale, mais comportaient souvent des classes de niveau primaire (« petits lycées ») logiquement appelées : 7ème, 8ème, jusqu’à la 11ème . Bien entendu, entraient aussi en 6ème au lycée des élèves issus de classes primaires « normales », celles des « écoles communales » (soumis jusque vers 1960 à l'examen d'entrée en 6ème). Dans les lycées, on pouvait apprendre des langues variées ainsi que le latin et le grec ancien ; les professeurs étaient soit des agrégés, soit des certifiés (grade créé vers 1950)
2) l’ancien enseignement primaire supérieur, les Ecoles primaires supérieures d'avant la Seconde Guerre mondiale, dont le nombre avait été accru et qui étaient maintenant appelées « Cours complémentaires » ou, plus souvent, « Collèges d’enseignement général ». Les CEG s’arrêtaient à la 3ème ; ils ne proposaient pas le latin ni le grec ; le choix de langues vivantes était limité ; les professeurs étaient des PEGC (Professeurs d’enseignement général des collèges) bivalents, c'est-à-dire susceptibles d'enseigner deux disciplines séparées dans les lycées (français+histoire-géographie, français+anglais, etc.). Une bonne part des PEGC avaient commencé comme instituteurs, mais les plus jeunes étaient recrutés au niveau du DEUG (fin de la seconde année à l'université).
Noter que comme la scolarité obligatoire s’arrêtait à 14 ans, pas mal d’élèves n’allaient pas du tout dans l’enseignement secondaire, les écoles primaires ayant au delà du CM2 des classes de « fin d’études » qui pouvaient les emmener jusqu’à l’âge limite.

La réforme de 1963 : scolarité à 16 ans et CES
La principale mesure est l’allongement de la scolarité à 16 ans ; cela signifie que tout le monde devra passer par l’enseignement secondaire.
Une autre mesure importante est la création des Collèges d’enseignement secondaire (CES) qui regroupent les élèves de premier cycle (de la 6ème à la 3ème), mais répartis entre deux filières la filière 2 (classes de « type CEG ») et la filière 1 (classes de « type lycée »), chaque filière ayant ses professeurs attitrés (PEGC/agrégés et certifiés).
Les premiers CES fonctionnent dès 1963 (personnellement, élève en 6ème-5ème du lycée Clemenceau de Nantes, j’ai été envoyé à la rentrée 1963 à l’annexe de la Colinière, qui débutait avec le statut de CES).
Des centaines de CES ouvrent de 1963 à 1975 (au moins un par canton) et au fur et à mesure, les classes de 6ème-3ème des lycées ferment, ainsi que les CEG.
Vers 1975, la quasi-totalité des élèves de premier cycle sont dans les CES ; la répartition entre « type 1 » et « type 2 » ne se fait pas dès la 6ème, mais en 4ème , de sorte que des PEGC peuvent enseigner en 6ème et 5ème dans les mêmes classes que des certifiés voire des agrégés (normalement en lycée, mais il y en a tout de même en collège).

La réforme Haby : le « collège unique »
Cette réforme est le prolongement logique de la réforme de 1963 : les deux filières sont amalgamées pour toutes les classes de CES, de la 6ème à la 3ème (et un souci constant par la suite sera d'éviter de reconstituer des « classes de niveau », grâce aux options allemand et latin notamment).
Désormais, les deux corps professoraux, toujours séparés statutairement, peuvent enseigner dans toutes les classes de premier cycle. Quelques années plus tard intervient la décision de mettre fin au recrutement des PEGC ; le corps des PEGC va donc s’éteindre progressivement, au fur et à mesure des départs à la retraite.

Logique de la réforme Haby
En soi, cette réforme correspond à la tendance générale à reculer l’âge de la « sélection » : dans les CES, une sélection intervenait à la fin de la 5ème entre filière 1 (classique ou moderne) et filière 2 (moderne seulement ; les élèves de filière 2 étaient en principe destinés à l'enseignement professionnel ou technique, mais quelques uns pouvaient tout de même accéder au lycée général).
Que dirait-on actuellement si ces deux filières existaient encore ? Il est évident qu’il y aurait des « luttes » (acharnées) pour en obtenir la suppression ! La critique du collège unique est, dans son principe, injustifiable moralement, et peu justifiée factuellement.
En fait, ces critiques pavloviennes ne prennent pas en compte ce qu’était « le collège pas unique », dernier avatar du système objectivement inégalitaire qui venait du XIXème siècle.

Malgré tout, il y a sans doute lieu de lui faire des critiques
D’abord, pour des raisons factuelles : en premier lieu, la réforme Haby a été accompagnée, de façon illogique, puisque le principe était d’assimiler la filière 2 à la filière 1, par une réduction des moyens (c'est-à-dire du nombre d’heures d’enseignement) dans certaines matières (notamment le français).
Une autre raison factuelle a été dans les années 1980-2010  l'application d'un principe selon lequel, si on entrait au collège (hors des classes spéciales, les transitions, pratiques, SEGPA, etc.), il n'était pas question d'en partir avant la 3ème : d'où la suppression des classes de 4ème et 3ème technique (là encore, on applique l'idée louable moralement qu'il faut repousser la sélection à plus tard).
Ensuite, pour une raison de principe : la domination d'un antiélitisme en partie justifié, mais dont l'application systématique, voire dogmatique, a pu générer un certain nombre de problèmes (les mesures antiélitistes étant sources d'économies, elles bénéficient de l'appui inconditionnel des instances administratives). 
Enfin, pour une raison de politique éducative, mais l'erreur était difficilement évitable.
L’unification du collège par l'alignement disciplinaire de la filière 2 sur la filière 1 a été réalisée au détriment des PEGC, alors que ceux-ci, en tant que professeurs bivalents, étaient peut-être mieux adaptés à l’enseignement du niveau collège.
Peut-être aurait-il fallu réformer le corps des PEGC : tout en maintenant la bivalence, imposer un recrutement de niveau plus élevé que le DEUG dans les matières choisies et aligner le statut du corps (traitement et temps de service) au minimum sur celui des certifiés, voire plus : peut-être aurait-il fallu créer un corps de professeurs agrégés de collège, bivalents, mais avec un traitement aligné sur celui des agrégés. On aurait de vrais « professeurs de collège », qui ne pourraient pas être considérés comme des has been par certains jeunes professeurs certifiés (dans les années 1970-1980, un certain nombre de ceux-ci méprisaient les PEGC comme « profs au rabais », alors que les certifiés étaient eux-mêmes, au départ, des « profs au rabais » par rapport aux agrégés, mais cet aspect de l’histoire avait disparu de la conscience collective du corps).

Conclusion
Il est probable que le ce n'est pas « le collège unique » qui est la cause de tous les problèmes actuels de l’enseignement en France.

Note : les certifiés comme profs au rabais
Les certifiés étaient recrutés avec une licence, les agrégés avec une maîtrise (avant la masterisation du recrutement) ; les traitements et les temps de service sont différents (18 h de cours contre 15). Les certifiés et agrégés ont accès à toutes les classes secondaires ; en revanche, les classes préparatoires sont réservées aux agrégés.



Création : 8 décembre 2020
Mise à jour :
Révision : 
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 113. À propos du fameux slogan « Collège unique, collège inique » (lol)
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/12/a-propos-du-slogan-college-unique.html







dimanche 6 décembre 2020

112. Les hauts faits des Jeunesses butlériennes 2

Quelques remarques sur la conférence (non tenue) de Sylviane Agacinski à Bordeaux en 2019


Classement : intersectionnalisme ; Judith Butler ; Sylviane Agacinski




Ceci est la suite de la page Les méfaits des Jeunesses butlériennes.
Je donne ci-dessous quelques détails supplémentaires sur l’affaire Agacinski vs Jeunesses butlériennes, c'est-à-dire l’annulation d’une conférence prévue le 24 octobre à la « demande » (très expresse) de diverses associations « étudiantes » impliquées dans la diffusion de la théorie du genre (qui n'existe pas).

Référence
*Fabien Leboucq, « PMA : pourquoi la conférence de Sylviane Agacinski a-t-elle été annulée à l'université de Bordeaux ? », Libération, 27 octobre 2019 (lien)   

Texte
« En prévision de cette conférence est publié, le 6 octobre, un communiqué signé par plusieurs associations étudiantes de l’UBM [...]
Le communiqué rappelle quelques citations de la philosophe et se termine sur ce paragraphe : « Nous appelons l’UBM à prendre ses responsabilités : dans un contexte d’homophobie et de transphobie décomplexées (médias, manifestations anti-PMA, agressions, refus de la PMA aux personnes transgenres,…), il est dangereux et inconscient que l’université offre une tribune à une personne aux discours dignes de la Manif Pour Tous. Nous appelons les étudiant-e-s à se mobiliser contre la venue de cette conférencière au sein de leur lieu d’étude et mettrons tout en œuvre afin que cette conférence n’ait pas lieu. »

Quelles étaient les organisations « butlériennes » et leurs alliés ?
*le GRRR, qui n’est pas un groupuscule antispéciste, mais un « collectif étudiant anti-patriarcat »
*Riposte Trans (collectif trans et non binaire)
*Mauvais Genre-s (association rattachée au Master en Études sur le Genre de l’UBM)
*Wake-Up ! (association des jeunes et étudiant·e·s LGBT+)
*Solidaires Étudiant·e·s.

Un argumentaire inepte
Remarquons comme est convaincant l’argumentaire des butlériens quand ils évoquent « un contexte d’homophobie et de transphobie décomplexées (médias, manifestations anti-PMA, agressions, refus de la PMA aux personnes transgenres,…) ».
Qu’il y ait des agressions, c’est absolument certain. Est-ce que cela connote à soi seul « un contexte d’homophobie et de transphobie décomplexées » ? Cela reste à démontrer.
A part cela, en effet, ils dénoncent des faits relevant de la liberté d’opinion, faits qui d’ailleurs se confondent: « refus de la PMA aux personnes transgenres » et « manifestations anti-PMA » (si on est contre la PMA, on est forcément contre son octroi aux transgenres ; il faut bien tirer à la ligne).
Dernier argument, très curieux : « médias ». Qu’est-ce que cela veut dire ?
Que, selon les butlériens, les médias en France seraient massivement sur la ligne d’une expression « décomplexée » de l’homophobie et de la transphobie.
Chacun sait que c’est inepte : un nombre notable de médias sont favorables à leur cause (Libération, Télérama, L’Obs, Le Monde, Les Inrocks, Politis, Mediapart, etc.) et la majeure partie des autres n’exprime pas d’homophobie ni de transphobie réelle, même s'il est vrai qu'ils ne manifestent pas forcément un appui enthousiaste : mais est-ce que qui est exigé, c'est un enthousiasme obligatoire et inconditionnel ?

Sylviane Agacinski homophobe ?
Elle est accusée d’être « homophobe » non pas parce qu’elle « boufferait de l'homo » à tous les repas (elle n'en mange même pas le vendredi), mais simplement parce qu’elle est opposée à certaines revendications des associations mentionnées (les butlériens rétablissent donc le délit d'opinion, à moins qu'ils considèrent cela comme un blasphème ?). En prime de l'accusation d'« homophobie », l’assimilation à la Manif pour tous, d’un très haut niveau intellectuel et éthique (surtout de la part d'étudiants en mastère).
Remarquons que Leboucq, de son côté, ne reproduit aucune des citations utilisées dans le communiqué : il craint sans doute que même les lecteurs décérébrés de Libération s’aperçoivent de la nullité de l'argumentaire butlérien. Honnêteté journalistique oblige !

Conclusion
Tout va pour le mieux dans le « Meilleur des mondes » et les jeunes butlériens sont des gros nazes.

A venir
Aperçus sur l'idéologie butlérienne et les théories du genre.



Création : 6 décembre 2020
Mise à jour :
Révision : 2020
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 112. Les méfaits des Jeunesses butlériennes 2
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/12/les-mefaits-des-jeunesses-butleriennes-2.html







samedi 5 décembre 2020

111. Les « jeunes antiracistes » d’Esprit en ont-ils ?

Quelques remarques (caustiques) à propos d'une enquête de la revue Esprit sur l’antiracisme des jeunes, dont on peut se demander s'ils en ont (de l'esprit !)


Classement : antiracisme ; Anne Lafont ; revue Esprit




Référence
*Rosetta M’Bake, « Des jeunes contre le racisme », Esprit n° 469, novembre 2020, pages 53-65
     
Présentation : le questionnaire
Il s’agit d’une « enquête coordonnée par Rosetta M’Bake » auprès de six jeunes antiracistes, menée de façon sans doute non simultanée. Une série de questions réparties en six groupes est proposée aux intéressés :
1) « Qu’est-ce que le racisme ? Et l’antiracisme ? Le racisme fait-il mal ? Croyez-vous que les États-Unis sont un pays moins ou plus raciste que la France ? Pourquoi ? »
2) « Êtes-vous également engagé-es dans d’autres causes ? Pourquoi l’antiracisme a-t-il été un mouvement international au printemps 2020 ?
3) « Dans quelle mesure avez-vous eu le sentiment que le contrat social, tant vanté, et fondé sur l’égalité des chances, se rompait et qu’il n’était plus possible d’y croire ? »
4) « Quelle figure passée ou contemporaine vous inspire le plus ? »
5) « Quelles formes d’engagement vous semblent les pus efficaces : celles, traditionnelles, du parti politique ou de l’association, ou bien, depuis Act Up, des performances éphémères et spectaculaires, comme la marche des fiertés ou encore les mobilisations avec signatures gestuelles (genou à terre, poing levé) qui relèvent de formes esthétiques ? »
6) « Comment envisagez-vous l’art dans votre engagement ? La création et les formes artistiques sont-elles des formes de résistance au racisme ? »

Qui est Rosetta M’Bake ?
Une première dans l’histoire du journalisme : quand on arrive à la fin de l’article, on trouve la signature Rosetta M’Bake, assortie d'une note qui indique que :
« C’est le pseudonyme d’une des membres du comité de rédaction de la revue Esprit. Elle a opté pour cette signature cryptée en résonance avec le choix de certains de ses interviewés, qui partagent avec elle un même marqueur social, celui de ne pas appartenir, physiquement à tout le moins, au groupe majoritaire. En effet, alors que tous les jeunes gens s’étaient vus offrir la possibilité de dissimuler leur identité, Yasmina A., Antoine Bourbon et Ife Melu ont été les seuls à s’en servir. Ce n’est pas anodin. La plupart du temps, Rosetta M’Bake est Anne Lafont. ».
Là, j’avoue que les bras m’en sont tombés. Donc « Anne Lafont » (« la plupart du temps ») a choisi une « signature cryptée », mais qui est immédiatement éventée, car l’objectif est sans doute de faire savoir (de façon extrêmement subtile, on pourrait dire précieuse au sens de Molière) au lectorat d’Esprit que Mlle Lafont n’est pas « blanche » : elle « n'appartient pas, physiquement … au groupe majoritaire » ; elle partage avec certains interviewés un « marqueur social » : la couleur de la peau (c’est plutôt « physique » que « social » d'où « à tout le moins », mais l'ineptie est tout de même maintenue !).
Cette « Anne Lafont » est en fait une employée de l’EHESS ; cependant, elle n'y fait probablement pas le ménage, puisqu’elle serait (selon des sources Google) « historienne de l’art ».

L’opération « pseudonyme »
« Tous les jeunes gens s’étaient vus offrir la possibilité de dissimuler leur identité », mais seulement trois l’ont fait. La rédaction, à moins que ce soit Rosetta Lafont, nous indique que « ce n’est pas anodin ».
Que signifie cette phrase ? Qu’est-ce qui n’est pas anodin ? Que « trois l’aient fait » ou que « seulement trois l’aient fait » ? Syntaxiquement, la seconde solution paraît correcte, mais ça n’a pas grand sens. C’est donc le premier sens qui est censé être considéré comme sensé, malgré l’atteinte à la logique.
On peut donc supposer que, vu les pseudonymes utilisés, ces trois personnes ont le même « marqueur social » qu’Anne M’Bake ; donc, ce qui ne serait pas anodin (du point de vue d'Esprit), c’est que les antiracistes non blancs se sentiraient menacés, alors que les antiracistes blancs pas du tout (une nouvelle preuve du « privilège blanc »).
Comprenne qui pourra ! Je n’ai pas l’esprit suffisamment agile pour décrypter cette opération intellectuelle de haut niveau.

Les protagonistes
Je donne ici les indications fournies en note.
(sous pseudo)
*Yasmina A. : noire, musulmane
*Antoine Bourbon : élève de l’ENS Ulm
*Ife Melu : « Française des Caraïbes » (c'est-à-dire, probablement, des Antilles) ; 34 ans ; à Paris depuis 2010 ; précédemment assistante sociale, aujourd'hui doctorant en sociologie
(sans pseudo)
*Maël Bailly : musicien, compositeur, étudiant du Conservatoire ; grands-parents maternels algériens ; militant LO ; membre du collectif La Crécelle
*Cosima Degioanni : « jeune femme blanche », elle a été scolarisé « dans le Marais », puis « dans le Val-de-Marne » (!) ; fait un master à l’EHESS sur « l’engagement antiraciste chez les jeunes personne blanches »
*Paul Tommasi : 28 ans ; responsable d’une revue en ligne, Dièses, luttant contre les discriminations

Remarques
On remarque l’utilisation ostentatoire des normes les plus contemporaines en matière d'orthographe (écriture inclusive) et de vocabulaire branché (vocabulaire racialiste du néo-antiracisme) dans une revue qui semble prise dans une dérive qui l'entraîne hors de sa tradition humaniste (peut-être illusoire) qu'on lui prête volontiers..

Analyse et commentaire des interventions des jeunes antiracistes
À venir

14 mars 2023 : je n'ai rien à retirer de cette page ; j'avais acheté ce numéro, comme d'autres précédemment, je 'ai plus jamais acheté Esprit, ni lu gratuitement dans une bibliothèque, ni feuilleté dans chez un marchand de journaux. La complaisance néo-antiraciste de ce numéro était tout simplement vomitive.



Création : 5 décembre 2020
Mise à jour : 14 mars 2023
Révision : 14 mars 2023
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 111. Les « jeunes antiracistes » d’Esprit en ont-ils ?
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/12/les-jeunes-antiracistes-ont-de-lesprit.html







110. Les hauts faits des Jeunesses butlériennes

Quelques remarques sur la conférence (non tenue) de Sylviane Agacinski à Bordeaux en 2019


Classement : intersectionnalisme ; Judith Butler ; idéologie butlérienne




Les faits
Le 24 octobre 2019, Sylviane Agacinski devait faire une conférence à l’université de Bordeaux : « L’être humain à l’époque de sa reproductibilité technique ». Comme on le sait, elle en fut empêchée du fait des menaces non voilées de plusieurs groupes d’activistes étudiants.

Interprétation (amusante)
Sylvianne Agacinski est, notamment, une adversaire des « thèses » de la « philosophe » US Judith Butler (professeur antisystème de philosophie subversive, exerçant à l’université de Baaahklèè, Californie).
Sylviane Agacinski est donc, en quelque sorte, une philosophe anti-butlérienne. Et il est normal que sa conférence ait été empêchée par un groupe de jeunes butlériens fanatisés (les Jeunesses butlériennes, en quelque sorte).



Création : 5 décembre 2020
Mise à jour :
Révision : 2020
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 110. Les méfaits de l'idéologie butlérienne
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/12/les-mefaits-de-lideologie-butlerienne.html







jeudi 3 décembre 2020

109. Rokhaya Diallo, Bernard Maris et Luce Lapin

Quelques remarques sur la pétition de 2011 contre Charlie Hebdo et sur l'attentat du 7 janvier 2015


Classement : islamophilie ; intersectionnalisme ; extrémisme gauchisant ; Rokhaya Diallo




Exorde
Je condamnerais catégoriquement toute personne qui insinuerait que Mme Rokhaya Diallo pourrait avoir une responsabilité dans l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo.
CEPENDANT, car il y a un cependant (de même que beaucoup de gens ont dit : « Bien entendu, je condamne cet attentat, MAIS ils n'auraient peut-être pas dû.../ils l'ont peut-être un peu cherché, non ? »), j’aurais préféré que lors de l’attentat de 2011, qui n’avait causé aucun mort, elle ait eu une réaction différente.

Ce que Mme Diallo fit en 2011 après l'attentat contre Charlie Hebdo
Elle crut bon de lancer une pétition intitulée « Pour la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo », pétition qui affirmait que cet attentat, n'ayant fait aucune victime, ne valait pas la peine qu’on en parlât, mais qu’il fallait en revanche parler de toute urgence de l’absence de liberté d’expression
*des femmes musulmanes contraintes par la République de sortir « cheveux au vent » ;
*des chômeurs, des précaires, etc. toutes catégories qui n'ont jamais le droit de s'exprimer dans les médias. (C'était un peu opportuniste, elle aurait pu s'en préoccuper auparavant. Bon, c'est comme ça !)

Ce que Mme Diallo aurait pu faire en 2011
Elle aurait pu promouvoir une autre pétition, disant par exemple : « Nous ne sommes pas d’accord avec les attaques de Charlie Hebdo contre la religion musulmane, MAIS elles ne justifient pas des attaques physiques contre ce journal, dans lequel par exemple, Bernard Maris défend un point de vue économique que nous considérons comme correct, tout comme nous semble positive la chronique animalitaire de Luce Lapin. Par conséquent, nous estimons nécessaire que Charlie Hebdo continue de s’exprimer ». (Personne ne lui aurait reproché d’avoir démarqué la phrase bien connue attribuée à Voltaire).

Mme Diallo mérite-t-elle d’être excusée relativement à sa mauvaise action de 2011 ?
Il va de soi que Mme Diallo, n’ayant jamais envisagé de se « salir les mains » en feuilletant Charlie Hebdo, ignorait, comme la plupart des gens qui "n'aiment pas Charlie Hebdo", l’existence des articles de Bernard Maris et Luce Lapin, qui a survécu (mais pas Bernard Maris). C’est donc en toute bonne foi et avec la conviction (chère à Max Weber) et la sincérité qu’on lui connaît que Mme Diallo crut bon de lancer la pétition « contre le soutien à Charlie Hebdo ».
Or, peut-être que si, en 2011, Charlie Hebdo n’avait pas été explicitement et implicitement, réduit à son « islamophobie » (prétendue) et à une sorte d’indifférence (totalement injustifiée) au sort des plus pauvres, si cela avait été affirmé par une personnalité aussi notable que Mme Diallo, les frères K. (de sinistre mémoire) auraient réfléchi à deux fois avant d’aller décimer la rédaction du journal.
Mme Diallo dira certainement pour sa défense : « Je n’étais pas la seule à dénoncer l’islamophobie de Charlie Hebdo » ; elle proclamera assurément : « En plus, c’est pas moi qui a commencé ». Et, effectivement, elle était accompagnée dans ces opérations de désinformation par toute la clique intersectionnaliste, ainsi que par un certain nombre d’officines étrangères (pas du tout intersectionnalistes) se réclamant de l’islam, qui n'étaient pas sans influence sur l'esprit des frères K.

Conclusion
Il en résulte donc clairement que Mme Diallo n’a absolument aucune responsabilité légale dans l’attentat du 7 janvier.



Création : 3 décembre 2020
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 108. Rokhaya Diallo, Bernard Maris et Luce Lapin
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