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mardi 29 janvier 2019

53. Le singe sage et sa monnaie

Quelques remarques sur une théorie erronée de ce qu’est la « monnaie de singe »


Classement : économie ; monnaie ; dette de l'Etat




Référence
*Gérard Mathieu, « Une priorité nationale », Marianne, n° 1141, 25 janvier 2019, page 63
Il s’agit d’un courrier de lecteur (le titre est de la rédaction) consacré à la crise des Gilets jaunes.

Texte
« Les "gilets jaunes" ont […] fait reculer le pouvoir et obtenu 12 milliards d’euros de concessions, mais ils restent malgré tout insatisfaits. En obtiendraient-ils trois fois plus qu’ils le seraient tout autant. De toute façon, c’est de la "monnaie de singe", financée par l’augmentation de la dette, dette qui s’accroît de quelque 80 milliards d’euros annuellement, dus pour 40 % au déficit de la balance commerciale et pour 50 % aux intérêts versés aux créanciers de la France. »

Analyse et commentaire
Je m’intéresserai ici aux énoncés économiques de ce lecteur.
L’idée que les sommes allouées à résoudre la crise sont « de la monnaie de singe » veut donner l’impression qu’on a affaire à un vieux sage « à qui on ne la fait pas », elle est pourtant inexacte : les 12 milliards en question ne sont pas plus de la monnaie de singe que les N milliards auxquels se montaient auparavant les dépenses de l’Etat. Il est possible que cette dépense inopinée et contrainte ait un effet défavorable pour le système monétaire, mais cet effet défavorable concernerait l’ensemble du système, pas seulement cette dépense précise (dans le calcul de « l’effet défavorable », il faut tenir compte des dépenses encore plus contraintes qu’auraient provoquées la retenue de ces 12 milliards).
Il est donc possible que les 100 euros que telle personne va percevoir ne vaillent pas tout à fait 100 euros d'avant ; mais il n'empêche que pour cette personne, ce versement représente une somme tout à fait tangible, une augmentation intéressante de son revenu Personne du reste n'a émis l'idée que les sommes reversées au titre de la réforme de l'ISF étaient de la « monnaie de singe » ; elles sont pourtant tout autant financées par l'augmentation de la dette !



Création : 29 janvier 2019
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 53. Le singe sage et sa monnaie
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2019/01/le-singe-sage-et-sa-monnaie.html








dimanche 2 septembre 2018

44. A propos de la garantie des dépôts bancaires

A propos d’une conception défaitiste et inepte de cette garantie




Classement : économie






Référence
*Site Droit-Finances, « La garantie des dépôts bancaires en cas de faillite », 2 septembre 2018 (lien)

La page explique les modalités de la garantie des dépôts à hauteur de 100 000 euros et se termine par deux paragraphes très intéressants :

Texte
« Cette procédure n'est pourtant qu'hypothétique. Elle repose en effet sur l'intervention du Fonds garantie des dépôts censé garantir les comptes des clients. Or, le montant actuel du Fonds de garantie des dépôts est aujourd'hui fixé à environ 2 milliards d'euros. Un montant très insuffisant en cas de crise financière généralisée.
En théorie, cette garantie de 100 000 euros ne concernerait en effet que 2 000 000 000 / 100 000 = 20 000 clients. Un nombre bien loin des millions de déposants français dont le montant total des dépôts avoisinerait les 2 000 milliards d'euros. »

Commentaire
Les auteurs de cette page ont une conception curieuse de l’économie : pour eux, il faudrait, en cas de crise généralisée, que le Fonds de garantie dispose de 2 000 milliards d'euros, pour faire face à toutes les demandes de remboursements.
Il ne leur vient pas à l’esprit de se poser une simple question : sous quelle forme auraient lieu ces remboursements ?
Deux possibilités :
a) par chèque ou virement bancaire, auquel cas l’argent se retrouverait sur un dépôt (c'est-à-dire la même situation qu’avant le remboursement) ;
b) en billets de banque, mais dans ce cas qu’est-ce les heureux déposants feraient de ces 2 000 milliards en liquide ? Les cacher dans un matelas en attendant que l’inflation en détruise peu à peu la valeur (ou que surviennent de pires avanies : incendie, cambriolage, etc.) ? Faire des achats à tout va, ce qui ne manquerait pas de lancer l’inflation ! Les exfiltrer vers un paradis fiscal pour profiter d’une législation business-friendly ? Je suppose qu’il y aurait un minimum de contrôle des changes sur des fonds « garantis »
c) en or, si on aime les contes de fées (le problème de quoi faire de tout cet or n'étant pas résolu magiquement).

Il est bien évident que la garantie des dépôts ne signifie pas le remboursement immédiat de la totalité des fonds garantis. Cela signifie que l’Etat garantissant ces dépôts à long terme (au-dessous d’un plafond donné), le Fonds de garantie n’a besoin de couvrir que les demandes d’argent effectives (si par exemple quelqu'un veut acheter comptant une voiture). Je ne sais pas si la somme de 2 milliards d’euros serait suffisante pour faire face aux besoins provoqués par une crise généralisée, mais il est probable qu’elle suffirait  lors de la faillite d’une seule banque…

Conclusion
Pas de panique !
A bas le capitalisme financier !
Vive l’intervention de l’Etat !



Création : 2 septembre 2018
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 44. A propos de la garantie des dépôts bancaires
Lien : http://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2018/09/la-garantie-des-depots-bancaires.html