dimanche 9 février 2020

85. Pour Mila 3 : à propos d'Abdallah Zekri

Quelques remarques sur un triste sire


Classement :




Ceci est une suite des pages Pour Mila et Pour Mila 2 : à propos d'un vil délateur.

Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM), a dit de Mila :
« Qui sème le vent récolte la tempête. Elle l’a cherché, elle doit assumer… ».

Je lui dédie donc ce poème, inspiré par un autre bien connu, en pensant à d'autres qui eux aussi « l’avaient un peu cherché, non ? » :

« Sur les cheveux trop libres de Mila,
Sur la mâchoire brisée de Lançon,
Sur le corps étendu de Cabu,
Zekri mon nom :
Ignominie. »

Publié initialement dans les commentaires d'une page de Céline Pina (lien), 9 février 2020, vers 10 heures.



Création : 9 février 2020
Mise à jour :
Révision : 2020
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 85. Pour Mila 3 : à propos d'Abdallah Zekri
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/02/pour-mila-3-propos-dabdallah-zekri.html







jeudi 6 février 2020

84. Pour Mila 2 : à propos d'un vil délateur

Quelques remarques sur un triste sire


Classement :




Ceci est une suite de la page Pour Mila.

Un personnage dont le rôle n’est pas suffisamment mis en valeur dans l’affaire « meute hurlante islamiste vs Mila », c’est l’internaute qui ayant vu la vidéo « blasphématoire » de Mila, l’a répercutée avec le commentaire « Elle ne se rend pas compte de l’ampleur que ça peut prendre. », c'est-à-dire qu’il a fait semblant de s’affliger pour elle tout en faisant en sorte que « cela » prenne le plus d’ampleur possible.
Que dire de cet individu ? Il fait penser aux gamins qui disent (enfin, qui disaient) : « Oh ce qu’elle a pas dit ! Oh ce qu’elle a pas dit ! ».
Il s’agit en fait de la plus vile délation et cet individu est un sale délateur, qui ne doit pas se couvrir en pensant « Mais si je ne l’avais pas fait, quelqu'un d’autre l’aurait vu, des tas d’autres gens l’ont vu sans mon aide ». Peut-être, mais il l’a fait, moralement c’est tout ce qui compte. 
Autrefois les gamins auraient dit qu’il s’agissait d’« un rapporteur à 4 chandelles » ou « à 4 moteurs », mais il ne s’agit pas ici de jeux d’enfants.



Création : 6 février 2020
Mise à jour : 9 février 2020
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 84. Pour Mila 2 : à propos d'un vil délateur
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/02/pour-mila-2-propos-dun-vil-delateur.html







83. Bêtise antiraciste

Quelques remarques sur un affichage antiraciste stupide


Classement : racisme et antiracisme




Référence
*Prise de vue du 4 février 2020, Nantes, allée Flesselles, près de l’angle avec l’allée Jean-Bart (carrefour du cours des 50-Otages et du boulevard Franklin-Roosevelt)

Texte




Analyse
L’auteur, ou les auteurs, sans oublier les autrices (page), de cet affichage dénoncent un phénomène qui sévirait en France depuis le commencement de l’épidémie de coronavirus en Chine : des personnes d’allure asiatique sont l’objet de comportement discriminatoires, voire de voies de fait, parce que soupçonnées, étant « asiatiques » d’être porteuses du virus.
Ces comportements sont justement dénoncés par les journalistes dans les médias et, on le voit, par des militants antiracistes (l’affichage n’est pas explicite, le lecteur est supposé être au courant de ce dont ça parle).
Je pense cependant que l’affichage ci-dessus contient plusieurs éléments révélant la bêtise de ses auteurs, principalement du fait d’une interprétation en terme de « racisme » (association qui est aussi présente dans les médias).

Commentaire
1) Il ne s’agit pas de « racisme »
Les personnes d’allure asiatique ne sont pas houspillées parce qu’elles sont d’une « race » donnée, mais parce qu’elles sont supposées être porteuses d’un virus.
L’association « asiatique = porteur du virus » est totalement absurde et relève de la bêtise la plus absolue, mais pas du racisme.
2) Le coronavirus n’a probablement créé aucun « raciste »
Il est clair que des personnes racistes (donc déjà assez stupides) vont plus facilement céder à la tentation ; on pourrait dire qu’ils vont exploiter de façon opportuniste cette circonstance, qui  « justifie » à leurs yeux, et croient-ils aux yeux des témoins, un comportement discriminatoire.
Mais leur racisme est préexistant.
3) L’énoncé est globalement suspect : complotisme et racisme larvés
En arrière-plan de cette affichage, il y a, je pense, l’idée que le coronavirus est une « invention », le résultat d’un complot, en l’occurrence un complot raciste ; si on examine attentivement cette phrase, on s’aperçoit qu’elle vise en fait les auteurs du complot ! 
Mais ce qui est plus grave, c’est que ce texte passe par profits et pertes tous les gens qui sont malades en Chine, tous les gens qui sont morts en Chine (450 déjà, ce n’est pas tout à fait rien) : en quelque sorte, les malades chinois comptent pour rien, ce qui est grave, c’est les (soi-disant) « racistes » en France.
En fin de compte, cet énoncé est raciste, sous couvert d’ « antiracisme ».

Conclusion
Ce qui est sidérant, à mon avis, c’est l’arrogance, le mépris, et en fin de compte, la stupidité des auteurs et autrices de cet affichage.



Création : 6 février 2020
Mise à jour : 
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 83. Bêtise antiraciste
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/02/betise-antiraciste.html








mercredi 5 février 2020

82. Marianne et les « dons défiscalisés »

Quelques remarques sur la relation contradictoire d'un média français avec les soi-disant niches fiscales


Classement : niches fiscales




1) Thèse
Dans le numéro 1153 de Marianne (19 avril 2018), peu après l'incendie de Notre Dame de Paris, on trouvait un dessin de Lacombe (page 39) :


2) Antithèse
Sur une page de Marianne.net (lien), comme je suppose sur les autres, on peut lire cet appel 
« Puisque vous êtes là...
… on aimerait vous dire un dernier mot. Vous êtes toujours plus nombreux à lire Marianne sur le web, et nous nous en réjouissons. Pour nous aider à garder notre liberté de ton et notre exigence journalistique, votre soutien est précieux. En vous abonnant par exemple, vous aurez accès à l’intégralité des contenus mais aussi à un espace de débat premium, réservé à nos abonnés, le tout sur un site débarrassé de toute publicité. Vous pouvez aussi nous soutenir par un don défiscalisé. Toute l’équipe Marianne vous remercie ! »

Analyse et commentaire
Il serait difficile de faire une synthèse entre ces deux énoncés, qui reflètent une contradiction particulièrement forte à Marianne : dénonciation des dons effectués par les riches, mais appel aux dons au profit de Marianne, sans que la direction du magazine se rende compte qu'il s'agit de la même procédure. 
Cette dénonciation amène parfois des pataquès (ainsi lors d'une diatribe récente contre Martin Hirsch), parce qu'elle se fonde sur une absence d'analyse de la procédure en question, interprétée comme financièrement profitable aux donateurs (alors qu'elle est profitable aux donataires, aux associations déclarées d'utilité publique, le seul problème étant alors : est-ce qu'il s'agit réellement d'une association d'utilité publique ?).
Par ailleurs, il faut rappeler que la qualification de « dons défiscalisés » est fausse : les dons ne sont pas soustraits au revenu imposable, ils sont seulement partiellement remboursés (66 % en général) par le biais d'une réduction d’impôt.



Création : 5 février 2020
Mise à jour : 
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 82. Marianne et les « dons défiscalisés »
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/02/marianne-et-les-dons-defiscalises.html





dimanche 2 février 2020

81. Pour Mila (janvier-février 2020)

Quelques remarques sur les liens entre l'islamisme et l'œuvre de Marcel Pagnol


Classement : 




Lorsque deux crapules islamistes ont assassiné des gens à Charlie Hebdo, des tas de gens ont dit « Ils l’avaient un peu cherché, non ? » (Ils = les journalistes de Charlie Hebdo), pas seulement des islamistes (c’était logique), pas seulement des musulmans, mais aussi des gens aussi diplômés et « intelligents » qu’Emmanul* Todd (« Ils avaient fait des caricatures obscènes de Mahomet », déclaration à un journal japonais vers le 20 janvier 2015 !) et d’autres.
Et maintenant, on en est au même point : parce que Mila a tenu des propos violents contre l’islam et même contre « Dieu », elle est menacée de mort (il va de soi que toute menace de mort sur Internet, assortie en plus de divulgation d’adresse, a au minimum un effet terrorisant, accru lorsque elle est lancée par un grand nombre de connards, même s'il n'y a pas d'intention de la réaliser, ce que le destinataire ne peut pas savoir) et de viol : Zekri : « elle doit assumer ses propos » ; Belloubet : « l’attaque contre une religion est une atteinte à la liberté de conscience ».
Si des musulmans se sont sentis blessés, ils n'avaient qu'à s’adresser à elle en disant : « Mila, tu me fends le cœur ».
Mais je suppose qu’ils ne connaissent pas la cinématographie de Marcel Pagnol.

*« Emmanul » : et même « Emmagrosnul »



Création : 2 février 2020
Mise à jour : 
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : Pour Mila (janvier-février 2020)
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/02/pour-mila.html






mercredi 15 janvier 2020

80. La bêtise du féminisme radikal : la « société patriarkale »

Quelques remarques sur un concept foireux de la rhétorique féministradikale




Dans nombre de médias, on peut lire ou entendre des déclarations de féministes (ou de journalistes se voulant féministes) parlant de « la société patriarcale ». Elles désignent ainsi la société actuelle, chose curieuse à première vue, et qui l'est aussi à la deuxième.

Un exemple entre mille : une petite rédactrice prétentieuse de Télérama
Dans le numéro 3652 de Télérama (18 au 24 janvier 2020), page 108, une certaine Mathilde Blottière écrit à propos d’une émission sur « La révolution Metoo » :
1) « c’est bientôt fini ce pouvoir patriarcal qui ne voit pas le mal dans la prédation sexuelle ? » (en exergue) ; on comprend ce que cette phrase « veut » dire : que « le patriarcat, c'est mal » ; mais ce qu'elle « veut dire », ce qu'elle signifie, est loin d'être clair : qu'est-ce donc, ou qui est-ce donc, que le « pouvoir patriarcal » qui trouve que la prédation sexuelle est une bonne chose ? S'agit-il réellement d'un « pouvoir » ? Ou s'agirait-il « du pouvoir » ?
2) « un peu de pédagogie sur les mécanismes bien intégrés du patriarcat ne nuit pas ».
Pour elle, journaliste quasiment inconnue (et qui mérite tout à fait de le rester), la notion de « patriarcat » est une évidence et s'applique sans problème à la société française actuelle.
Qu'en est-il vraiment ? 

La domination patriarcale en France depuis le XIXème siècle
Les choses sont claires. En France, ça ne va pas du tout !
En 1880, les jeunes filles n’ont pas obtenu un enseignement secondaire spécifique (la loi Camille Sée n'a en effet jamais été votée).
En 1881, l’enseignement primaire n’est pas devenu obligatoire (ni gratuit) pour les filles, contrairement aux garçons (privilégiés).
Notons que l’accès à l’université leur était interdit, comme le montre le cas de Marie Curie, qui a été obligée d’aller faire ses études en Russie en 1887.
En 1925, les jeunes filles n’ont pas obtenu l’alignement de l’enseignement secondaire féminin sur l’enseignement secondaire masculin.
En 1944, les femmes françaises n’ont pas obtenu le droit de vote.
En 1965, les femmes mariées vivant en France n’ont pas obtenu l’indépendance financière et professionnelle (le droit de travailler sans l’accord formel de leur mari ; le droit d’avoir un compte en banque personnel sans l'accord de leur mari).
En 1971, les jeunes filles n’ont pas obtenu le droit de se présenter à l’École Polytechnique.
En 1975, les femmes vivant en France n’ont pas obtenu la dépénalisation de l’IVG.
Récemment, les travailleuses n’ont pas obtenu (grâce à l’Union européenne) le droit (basique, non dérogatoire) de travailler la nuit, tout comme les hommes.
On voit que de durs combats attendent encore le mouvement féministe français.
Note : à partir de « Les choses sont claires », il s’agit évidemment d’un discours antiphrastique ou antichronologique.

L'intérêt de la notion de patriarcat appliqué à la France actuelle : zéro
On pourrait avoir l’impression que le mouvement féministe actuel est dominé par de très jeunes femmes (16-20 ans), qui n’ont pas vécu assez longtemps pour connaître personnellement certains des changements ci-dessus énumérés. Elles ignorent qu’ils ont eu lieu, ou peut-être veulent les ignorer, dans une manœuvre rhétorique à laquelle elles ont fini par croire dur comme fer. Un des problèmes est que les journalistes (les médiacrates ?) trouvent plaisant cet étalage d'ignorances et lui assurent une large diffusion.
Bien entendu, il existe encore des inégalités de situation entre hommes et femmes (mais personnellement, contrairement aux journalistes « féministes », je ne considère pas comme inadmissible que parmi les bacheliers S qui font des études médicales, les femmes choisissent plus la pharmacie et les hommes plus la médecine ; en effet, il y a aussi des hommes qui choisissent pharmacie et des femmes qui choisissent médecine (il y a même des hommes qui optent pour les études de Lettres !) : il ne s’agit donc pas d’un « choix genré » mais d’une donnée de fait, résultat de choix individuels non contraints légalement, ni même par une hypothétique « pression sociale », ni, bien sûr, par le « poids de millénaires d'oppression patriarcale ».
En revanche, je pense qu’il n'existe plus (en France ; il n'en va pas de même dans nombre de pays notamment les pays musulmans) d'inégalités de statut, telles que l’absence de droit de vote ou l'absence d’un enseignement secondaire équivalent. C’est pourquoi il me semble bizarre de parler de la société actuelle comme d’une « société patriarcale ».

La société française du XIXème siècle était-elle « patriarcale » ?
Il est possible que le statut des femmes ait, en France, été au plus bas pendant la période où le droit civil était régi par le Code Napoléon (1804) et où la Révolution avait décidé l’exclusion formelle des femmes du droit de vote ; auparavant, le statut des femmes n’était probablement pas très élevé, mais le Code civil a certainement formalisé et systématisé une différence de statut qui pouvait parfois être surmontée antérieurement, au moins dans certains cas (veuvage féminin, notamment).
Pour autant, avait-on alors affaire à une société patriarcale ?
Le mot « patriarcal » renvoie, selon le Petit Larousse (2006), à « une société dominée par les pères » (par exemple la société romaine) ; il me semble que ce terme inclut aussi l'idée de domination par les pères les plus âgés (les « patriarches ». Cela correspond-il à la société française du XIXème siècle ?
Celle-ci était régie et dominée par les hommes majeurs (qu’ils soient célibataires, mariés sans enfants ou mariés avec enfants), surtout par les plus riches (grâce au suffrage censitaire jusqu’en 1848 ; de facto ensuite). Il me semble plus approprié de parler de « société androcratique », ou, pour utiliser un terme courant il y a quelques décennies mais tombé en désuétude : « phallocratique », ou, pour utiliser un terme plus courant, « machiste », avec un puissant biais ploutocratique.
Cette société ignorait en particulier un aspect caractéristique d'une société « patriarcale », la volonté d’avoir le plus d’enfants possibles : chacun sait que dès la fin du XVIIIème siècle, la France est le pays où la natalité s’effondre, à tous les niveaux de la société (même si les taux restent longtemps supérieurs à ceux d’aujourd'hui) ; la France, pays le plus peuplé d’Europe en 1794, est dépassée successivement par la Russie (1795), l’Allemagne (1866) puis la Grande-Bretagne (1911), malgré l’émigration importante que connaissent ces pays.
Pour ce qui est de la société actuelle, la dimension ploutocratique demeure, mais la domination masculine est bien moins marquée.

Sur l’évolution du mouvement féministe en France
Dans l’ensemble, il n’y a pas eu en France de mouvement féministe notable avant 1968 et l’apparition du MLF. En particulier, il n’y a pas eu de lutte pour le suffrage féminin, contrairement à l’Angleterre (ce qui peut expliquer le « retard » de la France sur ce point : en réalité, c’est la faute des femmes françaises si elles ont dû attendre 1944 ! Je rigole). Des avancées que j’ai énoncées plus haut, la plupart résultent d’une pression exercée à la fois par des femmes et des hommes « éclairés » (les républicains, les socialistes (Blum), les communistes, les gaullistes...) sur des hommes conservateurs (et probablement des femmes conservatrices, des femmes fières de leur statut d'infériorité : en 1945, certaines des femmes interviewées à l'occasion des premières élections de l'après-guerre exprimaient l'idée que le vote, ce n'était pas pour les femmes). Il s’agissait donc d’une pression sociale, pas d’une pression militante. On pourrait dire que tout cela a été « octroyé » (mais ce terme aurait une tonalité péjorative inadéquate).
Lorsque le MLF apparaît, le plus gros de l’égalité statutaire existe ; le MLF mènera ses combats contre l’inégalité de situation, ainsi que pour l’obtention du droit à l’IVG et pour faire reconnaître effectivement le viol comme un crime.
Dans l'ensemble, on pourrait dire que les femmes ont obtenu 90 % de ce à quoi elles ont droit. Mais ces 10 % manquants, qui souvent ne relèvent pas du statut et sont donc beaucoup plus difficiles à régler (par exemple, la place des femmes dans le CAC 40, mais aussi les violences conjugales) suscitent une exaspération chez un certain nombre d'activistes qui ne sont qu'une minorité (la majorité des femmes ne les suit pas), mais bénéficient d'une très bonne couverture médiatique (la de Haas, par exemple). 
Il y a un changement de tonalité dans le mouvement actuel, une sorte de radicalisation théorique (ce que je qualifierais volontiers de « radikalisation »), fondée sur la croyance (rhétorique) que la situation actuelle des femmes est pire qu’il y a 50 ans (avant l’IVG et le MLF) – toute minimisation des problèmes étant assimilable à une sorte de délit intellectuel (voir par exemple l’affaire de la pétition Deneuve-Millet).
En fin de compte, l’objectif des mouvements féministes actuels (Osez le féminisme !, etc.) n’est pas tant de lutter pour améliorer la situation des femmes que de contraindre les femmes (et même les hommes) à « être féministes », c'est-à-dire à faire allégeance à la doxa féministradikale ; celles qui refusent sont considérées comme des traîtres à la cause (ou faut-il dire des traîtresses ?) ; ceux qui refusent ne trahissent certes pas leur « camp », mais ils « lèvent le masque », ils révèlent soit leur ignominie et sont donc considérés comme des « porcs », soit leur incompétence sociale de « has been » stupides et craintifs (Docteur Maboula : « Vous paniquez parce que votre monde est en train de s'effondrer » ; c'est un peu le discours de jadis et naguère des « marxistes-léninistes » de sinistre mémoire (Staline, Mao, Geismar et compagnie) à propos de la « petite bourgeoisie »). Il s’agit de créer un « champ idéologique » dans lequel « il sera interdit de ne pas faire (librement) allégeance à Mme de Haas et à ses consœurs ».

Complément (21 janvier 2020) : le patriarcat des sociétés mafieuses
L’association qu’établit Mathilde Blottière (suivant la doxa féministe radicale) entre « société patriarcale » et « prédation sexuelle » est-elle justifiée ? À voir. On peut penser au cas des sociétés de style mafieux, où la liberté des femmes est limitée, mais où elles ont une certaine protection (voir le début du Parrain : l’entrepreneur des pompes funèbres vient solliciter l'intervention du Parrain pour venger sa fille violée, dont les violeurs n’ont pas été condamnés par la justice ; effectivement, le Parrain commandite des représailles). Cet exemple n’est pas une preuve, mais une indication intéressante que notre société n’a pas grand-chose à voir avec quelque « patriarcat » que ce soit !

Complément (23 janvier 2020) : le patriarcat du régime de Vichy (les allocs)
Une société que l'on pourrait qualifier de patriarcale est celle que souhaitait et a en partie réalisée le régime de Vichy ; il est vrai que le régime de Vichy a laissé des traces : les allocations familiales, dont le caractère « patriarcal » ne saurait être nié (cependant, peu de féministes en demandent la suppression, quoique certaines les dénoncent pour la forme).

Complément (3 mars 2020) : la sélection des naissances mâles
Une caractéristique de sociétés que l'on peut qualifier de « patriarcales » consiste à opérer une sélection à la naissance (soit par avortement, soit par infanticide, soit par mauvais traitements) à l'encontre des bébés filles ; à ma connaissance, une telle pratique n'a jamais existé de façon notable en France, ni en général en Europe occidentale ; en revanche, elle est pratiquée de façon massive et désastreuse dans des pays aussi peu anodins que la Chine et l'Inde, où les générations sont systématiquement déséquilibrées (beaucoup plus d'hommes que de femmes) ; les « chercheuses féministes » ne devraient-elles pas y aller voir un peu ?

Complément (3 mars 2020) : les féministes qui soutiennent le voile islamique
Bien sûr, on peut signaler, mais sans trop insister, que les féministradikales défendent mordicus « la liberté des femmes musulmanes à porter le voile » (liberté qui n'est du reste pas remise en cause en France sauf dans des cas précis) : mais qu'est-ce que cette « liberté » qui consiste à reconnaître l'infériorité féminine dans le cadre d'un système authentiquement patriarcal : c'est la « liberté » de ne pas se soumettre au « patriarcat blanc occidental hétérosexuel » (de le« niquer ») en se soumettant à un patriarcat musulman souvent très envahissant... Car pour les féministradikales, il n'existe qu'un ennemi : le mâle blanc occidental hétérosexuel (MBOH), d'où la prétention de certaines de ces « subversives » à défendre à la fois le voile des femmes musulmanes et le mouvement queer : bel exemple d'intersektionnalité et d'abnégation, mais à sens unique, car les mâles musulmans sont des partisans inconditionnels de l'hétérosexualité la plus radicale. 

Un slogan féministe inepte à l'université de Nantes
Sur une manifestation féministradikale de haine contre le MBOH, je renvoie à un slogan que j'ai pris en photo, avant qu'il soit « censuré » par le service de nettoyage, à la Faculté des Lettres de Nantes (lien), mettant dans le même pot de chambre, auprès du dessin d'une vulve(gaire), « les mecs cis et les racistes ». Anodin ? Non : une preuve que l'activisme féministradikal se manifeste « où il veut et quand il veut », mais surtout pour dire n'importe quoi.



Création : 15 janvier 2020
Mise à jour : 3 mars 2020 (compléments)
Révision : 1° décembre 2020
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 80. La bêtise du féminisme radikal : la « société patriarcale »
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/01/la-betise-du-feminisme-radikal-la.html







mardi 14 janvier 2020

79. Hoedt et Piron 3 : Hoedt et Piron sèment la terreur

Quelques remarques à propos d’une chronique débile sur France Inter


Classement : linguistique ; grammaire française




Ceci est une suite des pages
dans lesquelles je présente les deux auteurs et leur chronique et les premiers points de leur ânerilège :
1) Pourquoi « l’école républicaine » ?
2) A quoi sert « le fameux COD » ?
3) Pourquoi « Einstein » ?
4) L’historiette des lettres muettes.

Référence
*Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, « Mythologie de la grammaire scolaire », chronique Tu parles !, France Inter, 11 août 2019, 9 h 50
*Page du site de France Inter correspondant à cette chronique (lien)

Suite du florilège des âneries des Bouvard et Pécuchet de la linguistique sur France Inter
5) Une citation i-conne-oclaste
Lorsque la page Internet référencée a été créée sur le site de France Inter, elle comportait une citation attribuée à André Chervel*, mise en évidence par une police trois fois plus grande que le reste :  
« La grammaire scolaire utilise des méthodes terroristes pour faire taire toute forme de réflexion grammaticale critique au profit d’une prière républicaine fondée sur le par cœur ! »
On remarquera, outre l’ineptie imbécile et outrancière de cette « métaphore » des « méthodes terroristes, qu'on retrouvait une option antirépublicaine totalement stupide, ainsi qu’une non moins stupide valorisation de la « réflexion grammaticale critique » opposée au « par cœur », c'est-à-dire les grands lieux communs de la logorrhée soixante-huitarde ; sans parler de la connotation religieuse (« prière ») attribuée sans rime ni raison à l’école de la IIIème République. À supposer que cette phrase ait réellement été écrite par Chervel, elle n’en reste pas moins un ramassis d’âneries.
Cette citation a été supprimée, comme on le constatera, suite à une requête que j’ai soumise à la direction de France Inter (bien entendu, Hoedt et Piron n’avaient pas daigné réagir aux remarques que je leur avais d’abord adressées).
Un des arguments que j’ai utilisés est que, dans la chronique orale, les deux guignols de la linguistique avaient énoncé cette citation (à 2’ 30’’ du début) en coupant la formule sur les méthodes terroristes ; dans ces conditions, il n’y avait aucune raison valable (du point de vue de la « défense de la liberté d’expression ») d’introduire en douce la formule sur le site.
Un autre argument était qu’ils avaient le droit de citer ce qu'ils voulaient, à condition de le faire sur des pages personnelles, mais qu’il n’en allait pas de même sur le site d’une radio de service public.
Troisième argument : la référence aux « méthodes terroristes » était outrageante pour les instituteurs et professeurs qui ont enseigné la grammaire « traditionnelle » pendant des décennies. J’avoue que je ne comprends pas comment on peut énoncer des trucs comme ça, à moins d’être confit de bêtise autosatisfaite (Ah je ris de me voir si rebelle en cette formule (Chervel) /chronique (Hoedt et Piron) ! »).
Note
*André Chervel : né en 1931, docteur ès lettres, historien et linguiste. J’avais trouvé très intéressant son livre Et il fallut apprendre à lire aux petits Français… Rétrospectivement, j’ai de sérieux doutes.

Commentaire
Il est certain que la « grammaire scolaire », telle qu’elle a été enseignée jusque dans les années 1960 dans l’enseignement primaire et secondaire, présentait de graves défauts du point de vue de la linguistique la plus avancée. De là à dire qu’elle était inutile, qu’elle « est une insulte à l’intelligence des élèves », qu'elle « utilise des méthodes terroristes », etc., il y a des pas qu’il faut oser franchir. Je pense que, pourvu du bagage de la « grammaire scolaire », on pouvait ensuite passer à d’autres analyses mieux corrélées avec la réalité de la langue.

Conclusion
Je citerai deux auteurs pas très connus, mais qui me paraissent plus intéressants que MM. Hoedt et Piron : Jacques Bonnet et Joël Barreau, auteurs de L’Esprit des mots Traité de linguistique Tome 1 Grammaire (Paris, L’École, 1974) qui écrivent dans leur Avant-propos : « Nous avons cherché à conserver au maximum le vocabulaire de la grammaire traditionnelle, mais nous avons dû utiliser un grand nombre de termes de la linguistique moderne et quelques autres forgés par nous quand cela était absolument nécessaire. » Et de fait, on trouve en page 208 et suivantes la notion de « complément direct » pour laquelle Hoedt et Piron ont, visiblement, la « haine ».
*Jacques Bonnet était inspecteur primaire en Loire-Atlantique ; Joël Barreau, agrégé de Lettres classiques, était professeur au lycée Clemenceau de Nantes ; leur ouvrage est fondé sur les thèses de Jean Gagnepain (1923-2006), professeur à l'université de Rennes.



Création : 14 janvier 2020
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 79. Hoedt et Piron 3 : Hoedt et Piron sèment la terreur
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/01/hoedt-et-piron-3-hoedt-et-piron-sement.html