dimanche 6 décembre 2020

112. Les hauts faits des Jeunesses butlériennes 2

Quelques remarques sur la conférence (non tenue) de Sylviane Agacinski à Bordeaux en 2019


Classement : intersectionnalisme ; Judith Butler ; Sylviane Agacinski




Ceci est la suite de la page Les méfaits des Jeunesses butlériennes.
Je donne ci-dessous quelques détails supplémentaires sur l’affaire Agacinski vs Jeunesses butlériennes, c'est-à-dire l’annulation d’une conférence prévue le 24 octobre à la « demande » (très expresse) de diverses associations « étudiantes » impliquées dans la diffusion de la théorie du genre (qui n'existe pas).

Référence
*Fabien Leboucq, « PMA : pourquoi la conférence de Sylviane Agacinski a-t-elle été annulée à l'université de Bordeaux ? », Libération, 27 octobre 2019 (lien)   

Texte
« En prévision de cette conférence est publié, le 6 octobre, un communiqué signé par plusieurs associations étudiantes de l’UBM [...]
Le communiqué rappelle quelques citations de la philosophe et se termine sur ce paragraphe : « Nous appelons l’UBM à prendre ses responsabilités : dans un contexte d’homophobie et de transphobie décomplexées (médias, manifestations anti-PMA, agressions, refus de la PMA aux personnes transgenres,…), il est dangereux et inconscient que l’université offre une tribune à une personne aux discours dignes de la Manif Pour Tous. Nous appelons les étudiant-e-s à se mobiliser contre la venue de cette conférencière au sein de leur lieu d’étude et mettrons tout en œuvre afin que cette conférence n’ait pas lieu. »

Quelles étaient les organisations « butlériennes » et leurs alliés ?
*le GRRR, qui n’est pas un groupuscule antispéciste, mais un « collectif étudiant anti-patriarcat »
*Riposte Trans (collectif trans et non binaire)
*Mauvais Genre-s (association rattachée au Master en Études sur le Genre de l’UBM)
*Wake-Up ! (association des jeunes et étudiant·e·s LGBT+)
*Solidaires Étudiant·e·s.

Un argumentaire inepte
Remarquons comme est convaincant l’argumentaire des butlériens quand ils évoquent « un contexte d’homophobie et de transphobie décomplexées (médias, manifestations anti-PMA, agressions, refus de la PMA aux personnes transgenres,…) ».
Qu’il y ait des agressions, c’est absolument certain. Est-ce que cela connote à soi seul « un contexte d’homophobie et de transphobie décomplexées » ? Cela reste à démontrer.
A part cela, en effet, ils dénoncent des faits relevant de la liberté d’opinion, faits qui d’ailleurs se confondent: « refus de la PMA aux personnes transgenres » et « manifestations anti-PMA » (si on est contre la PMA, on est forcément contre son octroi aux transgenres ; il faut bien tirer à la ligne).
Dernier argument, très curieux : « médias ». Qu’est-ce que cela veut dire ?
Que, selon les butlériens, les médias en France seraient massivement sur la ligne d’une expression « décomplexée » de l’homophobie et de la transphobie.
Chacun sait que c’est inepte : un nombre notable de médias sont favorables à leur cause (Libération, Télérama, L’Obs, Le Monde, Les Inrocks, Politis, Mediapart, etc.) et la majeure partie des autres n’exprime pas d’homophobie ni de transphobie réelle, même s'il est vrai qu'ils ne manifestent pas forcément un appui enthousiaste : mais est-ce que qui est exigé, c'est un enthousiasme obligatoire et inconditionnel ?

Sylviane Agacinski homophobe ?
Elle est accusée d’être « homophobe » non pas parce qu’elle « boufferait de l'homo » à tous les repas (elle n'en mange même pas le vendredi), mais simplement parce qu’elle est opposée à certaines revendications des associations mentionnées (les butlériens rétablissent donc le délit d'opinion, à moins qu'ils considèrent cela comme un blasphème ?). En prime de l'accusation d'« homophobie », l’assimilation à la Manif pour tous, d’un très haut niveau intellectuel et éthique (surtout de la part d'étudiants en mastère).
Remarquons que Leboucq, de son côté, ne reproduit aucune des citations utilisées dans le communiqué : il craint sans doute que même les lecteurs décérébrés de Libération s’aperçoivent de la nullité de l'argumentaire butlérien. Honnêteté journalistique oblige !

Conclusion
Tout va pour le mieux dans le « Meilleur des mondes » et les jeunes butlériens sont des gros nazes.

A venir
Aperçus sur l'idéologie butlérienne et les théories du genre.



Création : 6 décembre 2020
Mise à jour :
Révision : 2020
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 112. Les méfaits des Jeunesses butlériennes 2
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/12/les-mefaits-des-jeunesses-butleriennes-2.html







samedi 5 décembre 2020

111. Les « jeunes antiracistes » d’Esprit en ont-ils ?

Quelques remarques (caustiques) à propos d'une enquête de la revue Esprit sur l’antiracisme des jeunes, dont on peut se demander s'ils en ont (de l'esprit !)


Classement : antiracisme ; Anne Lafont ; revue Esprit




Référence
*Rosetta M’Bake, « Des jeunes contre le racisme », Esprit n° 469, novembre 2020, pages 53-65
     
Présentation : le questionnaire
Il s’agit d’une « enquête coordonnée par Rosetta M’Bake » auprès de six jeunes antiracistes, menée de façon sans doute non simultanée. Une série de questions réparties en six groupes est proposée aux intéressés :
1) « Qu’est-ce que le racisme ? Et l’antiracisme ? Le racisme fait-il mal ? Croyez-vous que les États-Unis sont un pays moins ou plus raciste que la France ? Pourquoi ? »
2) « Êtes-vous également engagé-es dans d’autres causes ? Pourquoi l’antiracisme a-t-il été un mouvement international au printemps 2020 ?
3) « Dans quelle mesure avez-vous eu le sentiment que le contrat social, tant vanté, et fondé sur l’égalité des chances, se rompait et qu’il n’était plus possible d’y croire ? »
4) « Quelle figure passée ou contemporaine vous inspire le plus ? »
5) « Quelles formes d’engagement vous semblent les pus efficaces : celles, traditionnelles, du parti politique ou de l’association, ou bien, depuis Act Up, des performances éphémères et spectaculaires, comme la marche des fiertés ou encore les mobilisations avec signatures gestuelles (genou à terre, poing levé) qui relèvent de formes esthétiques ? »
6) « Comment envisagez-vous l’art dans votre engagement ? La création et les formes artistiques sont-elles des formes de résistance au racisme ? »

Qui est Rosetta M’Bake ?
Une première dans l’histoire du journalisme : quand on arrive à la fin de l’article, on trouve la signature Rosetta M’Bake, assortie d'une note qui indique que :
« C’est le pseudonyme d’une des membres du comité de rédaction de la revue Esprit. Elle a opté pour cette signature cryptée en résonance avec le choix de certains de ses interviewés, qui partagent avec elle un même marqueur social, celui de ne pas appartenir, physiquement à tout le moins, au groupe majoritaire. En effet, alors que tous les jeunes gens s’étaient vus offrir la possibilité de dissimuler leur identité, Yasmina A., Antoine Bourbon et Ife Melu ont été les seuls à s’en servir. Ce n’est pas anodin. La plupart du temps, Rosetta M’Bake est Anne Lafont. ».
Là, j’avoue que les bras m’en sont tombés. Donc « Anne Lafont » (« la plupart du temps ») a choisi une « signature cryptée », mais qui est immédiatement éventée, car l’objectif est sans doute de faire savoir (de façon extrêmement subtile, on pourrait dire précieuse au sens de Molière) au lectorat d’Esprit que Mlle Lafont n’est pas « blanche » : elle « n'appartient pas, physiquement … au groupe majoritaire » ; elle partage avec certains interviewés un « marqueur social » : la couleur de la peau (c’est plutôt « physique » que « social » d'où « à tout le moins », mais l'ineptie est tout de même maintenue !).
Cette « Anne Lafont » est en fait une employée de l’EHESS ; cependant, elle n'y fait probablement pas le ménage, puisqu’elle serait (selon des sources Google) « historienne de l’art ».

L’opération « pseudonyme »
« Tous les jeunes gens s’étaient vus offrir la possibilité de dissimuler leur identité », mais seulement trois l’ont fait. La rédaction, à moins que ce soit Rosetta Lafont, nous indique que « ce n’est pas anodin ».
Que signifie cette phrase ? Qu’est-ce qui n’est pas anodin ? Que « trois l’aient fait » ou que « seulement trois l’aient fait » ? Syntaxiquement, la seconde solution paraît correcte, mais ça n’a pas grand sens. C’est donc le premier sens qui est censé être considéré comme sensé, malgré l’atteinte à la logique.
On peut donc supposer que, vu les pseudonymes utilisés, ces trois personnes ont le même « marqueur social » qu’Anne M’Bake ; donc, ce qui ne serait pas anodin (du point de vue d'Esprit), c’est que les antiracistes non blancs se sentiraient menacés, alors que les antiracistes blancs pas du tout (une nouvelle preuve du « privilège blanc »).
Comprenne qui pourra ! Je n’ai pas l’esprit suffisamment agile pour décrypter cette opération intellectuelle de haut niveau.

Les protagonistes
Je donne ici les indications fournies en note.
(sous pseudo)
*Yasmina A. : noire, musulmane
*Antoine Bourbon : élève de l’ENS Ulm
*Ife Melu : « Française des Caraïbes » (c'est-à-dire, probablement, des Antilles) ; 34 ans ; à Paris depuis 2010 ; précédemment assistante sociale, aujourd'hui doctorant en sociologie
(sans pseudo)
*Maël Bailly : musicien, compositeur, étudiant du Conservatoire ; grands-parents maternels algériens ; militant LO ; membre du collectif La Crécelle
*Cosima Degioanni : « jeune femme blanche », elle a été scolarisé « dans le Marais », puis « dans le Val-de-Marne » (!) ; fait un master à l’EHESS sur « l’engagement antiraciste chez les jeunes personne blanches »
*Paul Tommasi : 28 ans ; responsable d’une revue en ligne, Dièses, luttant contre les discriminations

Remarques
On remarque l’utilisation ostentatoire des normes les plus contemporaines en matière d'orthographe (écriture inclusive) et de vocabulaire branché (vocabulaire racialiste du néo-antiracisme) dans une revue qui semble prise dans une dérive qui l'entraîne hors de sa tradition humaniste (peut-être illusoire) qu'on lui prête volontiers..

Analyse et commentaire des interventions des jeunes antiracistes
À venir

14 mars 2023 : je n'ai rien à retirer de cette page ; j'avais acheté ce numéro, comme d'autres précédemment, je 'ai plus jamais acheté Esprit, ni lu gratuitement dans une bibliothèque, ni feuilleté dans chez un marchand de journaux. La complaisance néo-antiraciste de ce numéro était tout simplement vomitive.



Création : 5 décembre 2020
Mise à jour : 14 mars 2023
Révision : 14 mars 2023
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 111. Les « jeunes antiracistes » d’Esprit en ont-ils ?
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110. Les hauts faits des Jeunesses butlériennes

Quelques remarques sur la conférence (non tenue) de Sylviane Agacinski à Bordeaux en 2019


Classement : intersectionnalisme ; Judith Butler ; idéologie butlérienne




Les faits
Le 24 octobre 2019, Sylviane Agacinski devait faire une conférence à l’université de Bordeaux : « L’être humain à l’époque de sa reproductibilité technique ». Comme on le sait, elle en fut empêchée du fait des menaces non voilées de plusieurs groupes d’activistes étudiants.

Interprétation (amusante)
Sylvianne Agacinski est, notamment, une adversaire des « thèses » de la « philosophe » US Judith Butler (professeur antisystème de philosophie subversive, exerçant à l’université de Baaahklèè, Californie).
Sylviane Agacinski est donc, en quelque sorte, une philosophe anti-butlérienne. Et il est normal que sa conférence ait été empêchée par un groupe de jeunes butlériens fanatisés (les Jeunesses butlériennes, en quelque sorte).



Création : 5 décembre 2020
Mise à jour :
Révision : 2020
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 110. Les méfaits de l'idéologie butlérienne
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/12/les-mefaits-de-lideologie-butlerienne.html







jeudi 3 décembre 2020

109. Rokhaya Diallo, Bernard Maris et Luce Lapin

Quelques remarques sur la pétition de 2011 contre Charlie Hebdo et sur l'attentat du 7 janvier 2015


Classement : islamophilie ; intersectionnalisme ; extrémisme gauchisant ; Rokhaya Diallo




Exorde
Je condamnerais catégoriquement toute personne qui insinuerait que Mme Rokhaya Diallo pourrait avoir une responsabilité dans l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo.
CEPENDANT, car il y a un cependant (de même que beaucoup de gens ont dit : « Bien entendu, je condamne cet attentat, MAIS ils n'auraient peut-être pas dû.../ils l'ont peut-être un peu cherché, non ? »), j’aurais préféré que lors de l’attentat de 2011, qui n’avait causé aucun mort, elle ait eu une réaction différente.

Ce que Mme Diallo fit en 2011 après l'attentat contre Charlie Hebdo
Elle crut bon de lancer une pétition intitulée « Pour la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo », pétition qui affirmait que cet attentat, n'ayant fait aucune victime, ne valait pas la peine qu’on en parlât, mais qu’il fallait en revanche parler de toute urgence de l’absence de liberté d’expression
*des femmes musulmanes contraintes par la République de sortir « cheveux au vent » ;
*des chômeurs, des précaires, etc. toutes catégories qui n'ont jamais le droit de s'exprimer dans les médias. (C'était un peu opportuniste, elle aurait pu s'en préoccuper auparavant. Bon, c'est comme ça !)

Ce que Mme Diallo aurait pu faire en 2011
Elle aurait pu promouvoir une autre pétition, disant par exemple : « Nous ne sommes pas d’accord avec les attaques de Charlie Hebdo contre la religion musulmane, MAIS elles ne justifient pas des attaques physiques contre ce journal, dans lequel par exemple, Bernard Maris défend un point de vue économique que nous considérons comme correct, tout comme nous semble positive la chronique animalitaire de Luce Lapin. Par conséquent, nous estimons nécessaire que Charlie Hebdo continue de s’exprimer ». (Personne ne lui aurait reproché d’avoir démarqué la phrase bien connue attribuée à Voltaire).

Mme Diallo mérite-t-elle d’être excusée relativement à sa mauvaise action de 2011 ?
Il va de soi que Mme Diallo, n’ayant jamais envisagé de se « salir les mains » en feuilletant Charlie Hebdo, ignorait, comme la plupart des gens qui "n'aiment pas Charlie Hebdo", l’existence des articles de Bernard Maris et Luce Lapin, qui a survécu (mais pas Bernard Maris). C’est donc en toute bonne foi et avec la conviction (chère à Max Weber) et la sincérité qu’on lui connaît que Mme Diallo crut bon de lancer la pétition « contre le soutien à Charlie Hebdo ».
Or, peut-être que si, en 2011, Charlie Hebdo n’avait pas été explicitement et implicitement, réduit à son « islamophobie » (prétendue) et à une sorte d’indifférence (totalement injustifiée) au sort des plus pauvres, si cela avait été affirmé par une personnalité aussi notable que Mme Diallo, les frères K. (de sinistre mémoire) auraient réfléchi à deux fois avant d’aller décimer la rédaction du journal.
Mme Diallo dira certainement pour sa défense : « Je n’étais pas la seule à dénoncer l’islamophobie de Charlie Hebdo » ; elle proclamera assurément : « En plus, c’est pas moi qui a commencé ». Et, effectivement, elle était accompagnée dans ces opérations de désinformation par toute la clique intersectionnaliste, ainsi que par un certain nombre d’officines étrangères (pas du tout intersectionnalistes) se réclamant de l’islam, qui n'étaient pas sans influence sur l'esprit des frères K.

Conclusion
Il en résulte donc clairement que Mme Diallo n’a absolument aucune responsabilité légale dans l’attentat du 7 janvier.



Création : 3 décembre 2020
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 108. Rokhaya Diallo, Bernard Maris et Luce Lapin
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mercredi 2 décembre 2020

108. La « société patriarkale » : compléments

Quelques remarques sur un concept foireux de la rhétorique féministradikale


Classement :




Ceci est une suite des pages La bêtise du féminisme radikal : la « société patriarcale », dans laquelle je pars du cas d'une folliculaire de Télérama pour analyser la pertinence de ce concept (foireux) et La « société patriarkale » 2, dans laquelle je présente quelques autres occurrences de ce concept, notamment son origine dans la sphère féministradikale.
Cette page est consacrée à des réflexions complémentaires (non synthétisées) sur ce concept.

Complément (21 janvier 2020) : le patriarcat des sociétés mafieuses
L’association qu’établit Mathilde Blottière (suivant la doxa féministe radicale) entre « société patriarcale » et « prédation sexuelle » est-elle justifiée ? À voir. On peut penser au cas des sociétés de style mafieux, où la liberté des femmes est limitée, mais où elles ont une certaine protection (voir le début du Parrain : l’entrepreneur des pompes funèbres vient solliciter l'intervention du Parrain pour venger sa fille violée, dont les violeurs n’ont pas été condamnés par la justice ; effectivement, le Parrain commandite des représailles). Cet exemple n’est pas une preuve, mais une indication intéressante que notre société n’a pas grand-chose à voir avec quelque « patriarcat » que ce soit !

Complément (23 janvier 2020) : le patriarcat du régime de Vichy (les allocs)
Une société que l'on pourrait qualifier de patriarcale est celle que souhaitait et a en partie réalisée le régime de Vichy ; il est vrai que le régime de Vichy a laissé des traces : les allocations familiales, dont le caractère « patriarcal » ne saurait être nié (cependant, peu de féministes en demandent la suppression, quoique certaines les dénoncent pour la forme).

Complément (3 mars 2020) : la sélection des naissances mâles
Une caractéristique de sociétés que l'on peut qualifier de « patriarcales » consiste à opérer une sélection à la naissance (soit par avortement, soit par infanticide, soit par mauvais traitements) à l'encontre des bébés filles ; à ma connaissance, une telle pratique n'a jamais existé de façon notable en France, ni en général en Europe occidentale ; en revanche, elle est pratiquée de façon massive et désastreuse dans des pays aussi peu anodins que la Chine et l'Inde, où les générations sont systématiquement déséquilibrées (beaucoup plus d'hommes que de femmes) ; les « chercheuses féministes » ne devraient-elles pas y aller voir un peu ?

Complément (3 mars 2020) : les féministes qui soutiennent le voile islamique
Bien sûr, on peut signaler, mais sans trop insister, que les féministradikales défendent mordicus « la liberté des femmes musulmanes à porter le voile » (liberté qui n'est du reste pas remise en cause en France sauf dans des cas précis) : mais qu'est-ce que cette « liberté » qui consiste à reconnaître l'infériorité féminine dans le cadre d'un système authentiquement patriarcal : c'est la « liberté » de ne pas se soumettre au « patriarcat blanc occidental hétérosexuel » (de le« niquer ») en se soumettant à un patriarcat musulman souvent très envahissant... Car pour les féministradikales, il n'existe qu'un ennemi : le mâle blanc occidental hétérosexuel (MBOH), d'où la prétention de certaines de ces « subversives » à défendre à la fois le voile des femmes musulmanes et le mouvement queer : bel exemple d'intersektionnalité et d'abnégation, mais à sens unique, car les mâles musulmans sont des partisans inconditionnels de l'hétérosexualité la plus radicale. 

Un slogan féministe inepte à l'université de Nantes
Sur une manifestation féministradikale de haine contre le MBOH, je renvoie à un slogan que j'ai pris en photo, avant qu'il soit « censuré » par le service de nettoyage, à la Faculté des Lettres de Nantes (lien), mettant dans le même pot de chambre, auprès du dessin d'une vulve(gaire), « les mecs cis et les racistes ». Anodin ? Non : une preuve que l'activisme féministradikal se manifeste « où il veut et quand il veut », mais surtout pour dire n'importe quoi.



Création : 4 décembre 2020 (par scission d'une page créée le 15 janvier 2020)
Mise à jour : 
Révision : 
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 108. Bêtise féministe : la « société patriarkale » 3
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/12/la-societe-patriarkale-3.html







107. La « société patriarkale » : usages du concept

Quelques remarques sur un concept foireux de la rhétorique féministradikale




Ceci est une suite de la page La bêtise du féminisme radikal : la « société patriarcale », dans laquelle je pars du cas d'une folliculaire de Télérama.

A) Quelques exemples de l'usage des termes « patriarcal »/« patriarcat » 
1) Littérature médiatique
*Mathilde Blottière, Télérama, 18 au 24 janvier 2020, page 108, note au sujet d’une émission sur « La révolution Metoo » (voir la page citée).
*Georgia Aspinall, « Voici les pays où il est très difficile pour les femmes de voter », Grazia, 6 février 2018, citée par Murray 186 : « Nous vivons dans une société patriarcale, c'est notre seule certitude. »
*Dylan Jones, « Editorial », GQ, décembre 2018, cité par Murray 187 : « Pour la première fois dans l'histoire, nous avons été appelés à rendre compte des péchés du patriarcat. »
Murray = [Douglas Murray, La Grande Déraison, Editions du Toucan/L'Artilleur, 2020 (The Madness of Crowds, Bloomsbury, 2019), pages de l'édition française]
*Laure Daussy,  « Les "sorcières", ces nouvelles fêlées du chaudron », Charlie Hebdo, n° 1481, 9 décembre 2020, pages 8-9 : « [Les sorcières de la Renaissance], C’étaient] celles qui dérangeaient l’ordre patriarcal et l’Église » (l'Eglise ne faisait-elle pas partie de l'ordre patriarcal ?) et un peu plus loin, « [Pour Odile Chabrillac, la sorcellerie, c’est] une manière de "s’opposer au patriarcat, au capitalisme, de renouer des liens avec la nature, de mettre en place une sororité avec les autres femmes, de se placer dans la lignée des femmes persécutées à la Renaissance" » [personnellement, je trouve que ce que dit cette « sorcière », c'est un peu n'importe quoi !]

Littérature politique et sociologique
*Caroline Fourest, Génération offensée, Grasset, 2020, page « Le patriarcat est rusé. Il a plus d’un tour dans son sac, sinon il y a bien longtemps qu’il aurait succombé. De nos jours, il a trouvé le masque du "féminisme intersectionnel" pour expliquer aux jeunes féministes que les combats contre l’excision ou le voile font le jeu des racistes » [il me semble que 1) « le patriarcat » n’est pas un « agent historique opérationnel », mais un concept (foireux) 2) les néo-féministes islamophiles étant de grandes utilisatrices de ce terme, il serait préférable de le leur abandonner sans le moindre remords]

À suivre



Création : 2 décembre 2020
Mise à jour : 10 décembre 2020
Révision : 
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 107. Bêtise féministe : la « société patriarkale » 2
Lien :https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/12/la-societe-patriarkale-2.html







lundi 30 novembre 2020

106. Le dossier SOUMAHORO : Pièce n° 3 (DDDD/1-S/3)

Quelques remarques sur les interventions médiatiques et académiques de la dame SOUMAHORO


Classement : sommités intellectuelles d'époque ; décononialisme




DDDD
Direction de la défense du deuxième degré
2, rue de l’Escalier-à-une-marche
06 Menton

Officier traitant : RJ (DDDD/06)

DOSSIER n° 1 : SOUMAHORO, Maboula (alias : Docteur Maboula)
Sexe : féminin
Née le : 3 février 1976
À : Paris
Nationalités : française ; ivoirienne
Études supérieures : anglais (Créteil, Jussieu, Columbia)
Emploi actuel : maître de conférences, Université de Tours
Grades universitaires : licence ; master ; doctorat (2008 ; Université de Tours)
Autres diplômes : CAPES d’anglais
Caractéristiques psychologiques : arrogante ; dominatrice et sûre d’elle-même ; de mauvaise foi ; certaine d’incarner la Justice ; méprise ses contradicteurs
Caractéristiques idéologiques : néo-antiracisme ; racialisme ; afroféminisme ; décononialisme ; indigénisme ; intersectionnalisme ; autres « –ismes » encore à déterminer.

Pièce n° 3
Référence du témoignage:
*Christian Eboulé, « À travers son histoire, Maboula Soumahoro questionne l’identité noire et le racisme en France », TV5 Monde (lien), 28 juin 2020 (lien)

Présentation :
Christian Eboulé est journaliste à TV5 Monde. L’article est une recension du livre de Maboula SOUMAHORO, Le Triangle et l’hexagone.

Témoignage concernant la dame SOUMAHORO, Maboula
Extraits de l’article

Sa situation actuelle 
« Maboula Soumahoro, docteure en civilisations du monde anglophone et spécialiste en études africaines-américaines et de la diaspora noire/africaine » 
« l’autrice, Maboula Soumahoro, aujourd’hui maîtresse de conférences à l’université de Tours et présidente de l’association Black History Month– dédiée à la célébration de l’histoire et des cultures noires » 

L’épreuve du racisme français 
« Née à Paris, de parents originaires de Côte d’Ivoire, arrivés en France dans les années 1960, à la recherche d’une vie meilleure, Maboula Soumahoro est très tôt confrontée aux stéréotypes raciaux et coloniaux. Durant toute son enfance, ses nom et prénom sont en effet perçus comme exotiques. En dioula nous dit-elle, la langue de ses parents, son prénom Maboula signifie : « celle qui ouvre la voie », « celle qui montre le chemin ». 
En France cependant, le poids de l’héritage colonial, conscient et inconscient, incite certains à la renvoyer systématiquement à ses origines africaines, à l’y assigner, notamment en raison de son corps noir et de ce « fameux » prénom. Ce dernier ne présente-t-il pas une ressemblance sonore avec le mot bamboula, qui, depuis le début du 20e siècle, s’est de surcroît transformé en insulte raciste ? 
Or, comme le rappelle la linguiste Marie Treps dans son ouvrage intitulé Maudits mots, la fabrique des insultes racistes, paru aux éditions TohuBohu, bamboula est issu de « ka-mombulon », qui signifie tambour dans les langues sara et bola parlées en Guinée Bissau.
Mais aujourd’hui encore, dans l’inconscient postcolonial français, bamboula renvoie surtout à l’idée que les Noir.e.s sont de grands enfants qu’il faut civiliser. « A moi seule, écrit Maboula Soumahoro, j’incarnais de manière concrète et tangible l’Afrique et l’être-noir, la négritude, la noirceur. » Comme si l'écrivain et psychiatre français Frantz Fanon n’avait jamais existé; lui qui, en 1952, dans son très célèbre Peau noire, masques blancs, appelait déjà à la désaliénation des Noirs et des Blancs. »

Des études brillantes, malgré les brimades subies dans l’université en France 
« Revenant sur sa trajectoire, Maboula Soumahoro affirme qu’elle a grandi pauvre, elle parle même d’extrême précarité, au sein d’une famille nombreuse. Cela ne l’a cependant pas empêchée de poursuivre de brillantes études, grâce notamment à des bourses. Et comme pour de nombreuses familles immigrées, la sienne a une foi inébranlable en l’ascension sociale. 
Après des études d’anglais et une maîtrise en civilisation du monde anglophone, Maboula Soumahoro se rend à New York, aux Etats-Unis, afin d’y étudier l’histoire des minorités et l’impérialisme britannique. Et ô surprise, là-bas, elle se définit comme française, sans que cela ne suscite ni doute, ni interrogation. Alors qu’en France, elle doit toujours s’expliquer, voire se justifier. »
« alors que tout se passe bien à la City University of New York, le retour en France et la validation de son DEA, diplôme d’études approfondies, est beaucoup plus difficile. Consacré au nationalisme noir, celui qui prône notamment le séparatisme racial, le mémoire de DEA de Maboula Soumahoro est retoqué. Ses travaux sont considérés comme racistes, et elle est perçue comme une victime consentante du « communautarisme » américain. 
Contrainte de quitter cette université parisienne pour un établissement de province, Maboula Soumahoro sera confrontée aux mêmes difficultés. Elle écrit à ce sujet : « Il me fallait cependant supporter en silence les remarques à la fois récurrentes et pesantes liées à mes origines si lisibles sur mon corps. »
Malgré toutes ces embûches, Maboula Soumahoro est allée au bout de ses études supérieures. Et après avoir hésité à rester aux États-Unis, elle revient s’installer définitivement en France à l’été 2009. Un retour au pays natal qui coïncidait alors avec l’obtention, toujours très difficile, d’un poste de maîtresse de conférences. »

Analyse de l'officier traitant
On a affaire à un texte de style plus ou moins hagiographique, dont le point de vue est aligné sur celui de l’auteur du livre, sans la moindre distance ni trace d’humour (pourtant, certaines notations prêtent au moins à sourire). Par ailleurs, la biographie de SOUMAHORO qu’il retrace présente plusieurs lacunes sur lesquels EBOULE n’insiste pas.
                                                                                                                Signature : RJ.

Notes
*Black History Month : à venir



Création : 30 novembre 2020
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 118. Le dossier SOUMAHORO Pièce n° 3 (DDDD/1-S/3)
Lien : https://lesmalheursdesophisme.blogspot.com/2020/11/le-dossier-soumahoro-piece-n-3-dddd1-s3.html